dimanche 18 février 2018

Pensées de Loire





Pourquoi, je ne passerai plus à Amboise ni Montlouis?
Voilà ce que je me raconte sur la rive droite de la Loire après avoir traversé le pont de Blois.
On aime toujours à l'imparfait, peut-être parce que les choses semblent plus belles.
Oui, l'odeur de la vie est plus facile à comprendre.
Et
Pourtant, j'aimerai revoir ce parking où je buvais un café thermos de bonne heure, en écoutant les oiseaux.
Immobile sur le banc,
Je regardais le réveil des dormeuses dans la seiche au vent qui m'empêchait d'avoir peur.
Une belle nature, spirituelle colportant les choses invisibles...
Comme la magie de l'espérance qui frisotte l'esprit.
Telle la première fois, dans le silence.
Je la voyais se débarbouiller le visage, les mains en corolle.

lundi 5 février 2018

Pensées ikéennes

C’est jeudi, 13H30.
Direction salle de bain.  « Vacances j’oublie tout »
Le temps de me regarder dans la glace. Un peu de gel sur les cheveux, le temps de choper sur la commode, ma carte family Ikéa et les clefs de ma bagnole.
Me voilà sur le périph, sensation fluide. Vitres ouvertes.
Vent léger sur l'asphalte.
C'est le pied de conduire dans ces conditions.
S’il y en a qui adore se balader en forêt de Saint Germain en Laye. Moi, ce que j’aime c’est glander chez Ikéa.
Après avoir garé ma bagnole à côté des berlines allemandes.
J'ai la démarche tranquille, rythmée comme la nette impression que le groupe « Elégance « m’accompagne dans ces longs couloirs de béton épurés.
Escalator ! me voilà à hauteur de ces visages qui défilent dans la lumière vive.
Depuis le hall, des grandes affiches annoncent la nouvelle collection des fauteuils en cuir.
Installé sur l’autre canapé, j’entends depuis quelques minutes, une voix douce qui répond au portable.
Après plusieurs coup de fil, je sais déjà que,
C’est une avocate à la cour qui doit partir en audience, lundi à Soisson.
Qu’elle doit emmener Sacha pour la fête de la nature à la Frette sur Seine.
Depuis que ma femme et mon fils sont partis en Bretagne, je m'ennuie comme un rat mort,
Les berges de Seine, La Frette sur Seine, j' connais pas!
Je ne me suis pas encore retourné. Je sens déjà le parfum de l’avocate qui me caresse l’esprit. Je ne sais pas si c’est du Serge Lutens ou du Jean Patou mais ça respire le 8ème à plein nez !
Au loin, je l’aperçois en train de prendre des mesures.
Légèrement penchée. Son cahier à spirales coincé sous le bras gauche. Je sais que c’est elle.
Je ne suis pas avocat mais je sais aussi prendre des notes. C’est une rousse, menue, coupe carrée classique.  « Punaise ! C’est mieux qu’un dépannage «
A quelques pas, elle s’assoit sur la  chaise rose pivotante, Gigote sur elle-même. Ouvre les tiroirs. On dirait une ado, elle est marrante.
Malgré mon sens de l’oreille, hé hé je me suis trompé. Sacha est donc une fille.
Maintenant, voilà qu'elle se trémousse sur le matelas. Non ! Je n’y crois pas la façon dont elle agite son corps.  Oh! « J’aime bien son cardigan beige à manches longues avec la dentelle incrustée sur les épaules  » C'est mignon.
Vas-y, que j'te fais danser le ventre, comme un p'tit ver de terre. Madame se relaxe.
Organisée, concentrée comme une instit, vas y Simone! retourne les étiquettes sur toutes les coutures.
Qu'est-ce qu'elle peut bien gribouiller sur son cahier à spirales? Hou ! Je suis sûr que chez elle, ça doit être nickel chrome.
Généralement, c’est là que je les abandonne, direction la cafétéria. C'est l’heure de mon petit thé gratos earl grey.
A 15 heures, génial ! Tous les employés qui déjeunent à la cantine Ikéa sont repartis au bureau.
Les mamans du mercredi sont absentes . Enfin, je peux savourer mon thé bergamote sans entendre ces cris stridents qui perturbent mes idées quand j'ai la tête dans les nuages.
Nom de Dieu ! Voilà la Signora qui arrive à la caisse avec son plateau.
Whaou!
A force de l’observer, ..
On  se croirait dans un tournoiement de feuilles mortes devant une terre cognac qui réveille l’hiver de mon imagination. Y a bien longtemps que je n’ai pas dégusté dans cette salle, une eau de vie.
Quelle légèreté dans les mouvements ! Quelle grâce !
Ah yé ça recommence encore, ma petite voix intérieure, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas entendu !
C'est de la belle petite caille, comme tu les aime!
Il faut être difficile, je ne suis pas habitué à ce genre de gabarit.
Tu as vu ces jambes,
Oui pourquoi ?
Je suis sûr que tu as maté sa poitrine quand elle s’est baissée pour ouvrir les tiroirs, t’as aimé ses tâches de rousseur sur le galbe de son buste. Hein coco.
Bien sûr que j’ai maté.
Qu’est-ce que t’attends, vas y !
Je ne la connais pas, je ne vais pas quand même pas me prendre une veste. Mignonne, si charmante soit-elle. C'est une inconnue qui ne demande rien à personne.
J’te dis, qu’elle attend que ça !
C’est une mère de famille,
Et alors ?
C’est une maman qui est venue faire ses achats pour sa fille. Qui profite d’une pause détente pour prendre un thé. Basta !
Allez,  Si tu as un zeste de courage.
C’est une avocate, de plus, elle doit avoir le sens de la réparti.
Raison de plus, elle est toute seule, détendue, personne pour la juger !
J’te dis que les femmes aiment l’inconnu, cueille là en plein vol,
Allez, lolo.
Non, je ne peux pas! C'est une maman.
Tu t’approches en la regardant dans les yeux, tu lui dis que tu la mate depuis un quart d’heure, tu la trouve sensass, élégante et que tu as envie de discuter avec elle. 
ça s’appelle être proche de sa pensée.
Un vrai mec c’est comme ça qu'il fait ! Qu’est-ce que tu crois ?
Non, mais ça ne va pas !
Y ‘a pas une autre approche, comment dire, plus …
Mais non ! Si tu penses l’aborder dimanche, comme au temps des impressionnistes, mon gars ! Tu peux toujours aller te faire brosser pour avoir son numéro de portable.
Tu as un jardin devant toi. Improvise, Innove.
Regarde,
Sa façon de mettre constamment ses mains dans ses cheveux.
N'importe quoi ?
Ça, c’est un signe. Allume-moi ce brasero !
On dirait une gitane autour d’une verdine éclairée de lune avec sa jupe ample...
Ecoute le cliquetis,
Regarde ses nombreux bracelets fins sur son bras.
Ecoute la tzigane s’enivrer du vent.
Je ne suis pas littéraire ni téméraire, mais faut-il avoir tous ces points d'imagination pour aborder une femme?,
Elle vient de lever sa tête, 
C’est une fleur agitée. Allez ! Lolo cueille-là en plein cœur comme un jeune frelon !
Perfore son imagination avec tes dards rétractiles ! 
Tu vois, elle remue sans cesse le cou.
C’est le moment !
Doucement, j’ai les jambes qui flageolent, faut que je respire.
Lève- toi,
Vas-y lolo !
Mais si elle me rambarde gentiment, je reste planté en plein milieu comme un con et je fais quoi ?
Ben quoi, t’aura essayé,
Dimanche à La Frette, Je te vois déjà  faire les cent pas telle une roulotte brinquebalante éternuant la mélancolie des voyageurs infatigables. Depuis le quai de Seine. L’attendant comme un amoureux, chevauchant les notes au galop sur le sillet d’un ciel fougueux…Romantique de mes deux.
Ouais, ouais c’est facile à dire.
T’as la côte lolo, qu’est- ce que tu veux que je te dise. Que t'es beau avec tes chaussures bateau avec ta marinière délavée de Saint james
J'peux pas,
Mais si elle est accompagnée de son mari, Dimanche, j’ai l’air malin.
Mais non grand nigaud, t’as pas encore compris les femmes
Allez lolo,  Respire un coup

dimanche 21 janvier 2018

Bleu pour le ciel à contre courant

Allongé sur le dos,
Hier, j'aimais
Le mouvement de tes doigts
Oscillant dans la seiche au vent
Chapeau de paille entouré d'un ruban
Flottant
L’insouciance
J’aime tout en toi
Quand tu sèmes à tout vent
Là, où ton ombre butine
Et caresse les peaux blanches
Libellule pour la tourbe légère
Bleu pour le ciel à contre courant
Bleu pour la romance du ciel

mercredi 17 janvier 2018

jeudi 11 janvier 2018

Futuroscope

Je m’étais confortablement installé dans le fauteuil comme les spectateurs avec les lunettes 3 D.
Emporté par le cinéma dans le style des années 30 par ces femmes longilignes.
Cambrées dans leurs robes courtes,  l'allume cigarette au bout des doigt, la coupe garçonne avec le collier de perles qui fait briller la luisance de la peau, n'attendant plus que dans la prunelle, l'instant tango qui les enflammerait dans le cabaret enfumé de Buenos Aires.
L'aviateur n'allait pas tarder à décoller....
Ce zinc qui allait s’échouer dans la Cordillère des Andes. Au même moment dans le décor de la cuisine, son épouse préparant un plat en compagnie de son chien.
Le vent et la pluie cognant sur la fenêtre.Comme pour annoncer,
Les pétarades de L’engin… Le clair-obscur. Vertige dans les déferlantes...Pour se dire que c’était un peu sorcier de prendre l’avion à cette époque et qu’il  fallait vraiment être courageux pour conduire ses drôles de zinc de l’aéropostale.
Et l’homme, pas si malin que ça ...Malgré la chance d'être en vie. S’extrayant de la carlingue.
Esseulé dans l'immensité, regardant à perdre de vue les grandes étendues de blanc.
 (J'me disais bonhomme, je ne voudrais pas être à ta place)
Mais de voir ce héros partir à la conquête de l’inconnu, bagage à la main. Prêt à franchir les limites de la conscience. Quand même, il n’y a que le sens de l’instinct qui pousse l'homme dans ses retranchements.
Moi qui n’avais jamais lu en entier le bouquin  de « Terre des hommes » ou juste quelques bribes me rappelait ces héros oubliés qui resurgissaient.

Dans une nature hostile, en plein blizzard,
Le voyant s’agenouiller dans la neige, se relever d’épuisement. En soliloquant  le nom de " Noëlle" pour que sa femme puisse toucher l’assurance-vie, (Pendant que celle-ci, calfeutrée,  inquiète dans la lumière douce du salon, écoutant la météo à la radio.)
Continuant dans la neige, se remémorant dans le froid atroce que la prime d’assurance ne peut être touchée.  Que si  le corps de l'homme est retrouvé.
Se roulant dans la neige, les gélures au corps où dans ces conditions, le temps paraît une éternité.
Les doigts esquintés, escaladant les parois rocheuses pour encore franchir trois cols, et finalement rejoindre le premier village habité.
Au prix de la vie suprême, exténué de force. Finalement retrouvé par un berger (je crois même que le plus courageux des homo ergaster n’aurait pas fait mieux).
Cinq jours d’un combat avec le mental, l’animalité et le doute de la mort.
Il y a  tout ce sens, que j’appellerai  ici « folie » de tout ce que l’on peut faire par amour.
Quand il tombera dans les bras de son ami Antoine de Saint-Exupéry,
Il ne pourra s'empêcher de dire...
« Ce que j’ai fait, je te le jure, aucune bête ne l’aurait fait »

jeudi 21 décembre 2017

La marchande de saison

J'entrais dans le vestibule, collé à cette foule compacte.
Sous les étals éclairés, mon corps résonnait. 
Sous le cliquetis des bijoux, une femme aux nombreux bracelets vantait les produits de sa Charente natale. 
Quelque coup d’œil, juste le temps de déglutir le pineau rouge.
Mon Dieu! Qu'elle était belle! 
Mes lèvres gonflées de désir.
J'avais l'impression de voir dans un tournoiement de feuilles mortes, une danseuse de feu réveillant sa terre cognac autour d'une verdine éclairée de lune allumant un brasero aux arômes floraux et poivrées.
Comme le regard éternuant la mélancolie des voyageurs.
Je la regardais danser. Gadjé.
Sur la jetée,  je faisais les cents pas avec mes bouteilles brinquebalantes. Face à la mer, m'asseyant sur le banc, j'entendais encore les grelots. Emporté par le taraf du coeur.
je voyais sa silhouette se cambrait devant moi. Les mains sur les hanches hurlant une senteur marine rafraîchissant mes pensées.
Sans rien savoir de ces migrations lointaines ni de son visage s'enivrer du souffle des Carpates. J'imaginais cette belle prise quand elle s'était jetée dans la lumière.
Avant que le vent d'hiver me ramène les vagues de cette jupe ample.
Je pensais à ce premier instant, quand le vent du nord s'enroule un soir d'été...

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