jeudi 7 juin 2018

La Loire

Quelques heures auparavant, la lune dardait les blés de la Beauce.
Vitres légèrement entrouvertes, j'avais senti la seiche au vent.
Je roulais dans le juin solitude à travers les éoliennes
Avant Orléans,
Des nuées de colère avaient noyé un ciel tango qui reflétait ses écorces de fruits mûrs,
Comme la beauté du diable serpentant dans les reflets de la nuit.
Je bifurquais sur le pont de Blois
La Loire tranquille,
Je n'allais pas tarder à découvrir l'ombre sournoise colportant le secret aux essaims invisibles.
Amboise la Bourgeoise,
Je préférais la berge de Montlouis pour boire un café chaud thermos.
Bien qu'il était encore tôt pour la réveiller.
Je pensais que dans la mare aux secrets, la source allait renaître de ses profondeurs.
Comme une affirmation qui frisottait dans les fumées de l'aube.
Je la voyais se débarbouiller le visage, les mains en corolle, telle la première fois...

dimanche 22 avril 2018

Un vent sur la falaise

Elle s’était assise
sur la lande
Blottie entre les rochers
les cheveux dénoués
où les cils maritimes décoiffent l'océan
Quand le vent du nord
sème
souffle sur les fleurs sauvages

dimanche 18 février 2018

Pensées de Loire





Pourquoi, je ne passerai plus à Amboise ni Montlouis?
Voilà ce que je me raconte sur la rive droite de la Loire après avoir traversé le pont de Blois.
On aime toujours à l'imparfait, peut-être parce que les choses semblent  plus belles, plus facile à comprendre.
Pourtant j'aimais bien m'arrêter sur la berge de Montlouis.
Sur ce parking, boire un café thermos, en écoutant les oiseaux de bonne heure,
Immobile sur le banc,
Je regardais le réveil des dormeuses dans la seiche au vent qui m'empêchait d'avoir peur.
La nature belle, spirituelle colportant les choses invisibles...
Magie de l'espérance qui marque l'esprit dans le silence...
Telle la première fois,
Je la voyais se débarbouiller le visage, les mains en corolle.

lundi 5 février 2018

Pensées ikéennes

C’est jeudi, 13H30.
Direction salle de bain.  « Vacances j’oublie tout »
Le temps de me regarder dans la glace. Un peu de gel sur les cheveux, le temps de choper sur la commode, ma carte family Ikéa et les clefs de ma bagnole.
Me voilà sur le périph, sensation fluide. Vitres ouvertes.
Vent léger sur l'asphalte.
C'est le pied de conduire dans ces conditions.
S’il y en a qui adore se balader en forêt de Saint Germain en Laye. Moi, ce que j’aime c’est glander chez Ikéa.
Après avoir garé ma bagnole à côté des berlines allemandes.
J'ai la démarche tranquille, rythmée comme la nette impression que le groupe « Elégance « m’accompagne dans ces longs couloirs de béton épurés.
Escalator ! me voilà à hauteur de ces visages qui défilent dans la lumière vive.
Depuis le hall, des grandes affiches annoncent la nouvelle collection des fauteuils en cuir.
Installé sur l’autre canapé, j’entends depuis quelques minutes, une voix douce qui répond au portable.
Après plusieurs coup de fil, je sais déjà que,
C’est une avocate à la cour qui doit partir en audience, lundi à Soisson.
Qu’elle doit emmener Sacha pour la fête de la nature à la Frette sur Seine.
Depuis que ma femme et mon fils sont partis en Bretagne, je m'ennuie comme un rat mort,
Les berges de Seine, La Frette sur Seine, j' connais pas!
Je ne me suis pas encore retourné. Je sens déjà le parfum de l’avocate qui me caresse l’esprit. Je ne sais pas si c’est du Serge Lutens ou du Jean Patou mais ça respire le 8ème à plein nez !
Au loin, je l’aperçois en train de prendre des mesures.
Légèrement penchée. Son cahier à spirales coincé sous le bras gauche. Je sais que c’est elle.
Je ne suis pas avocat mais je sais aussi prendre des notes. C’est une rousse, menue, coupe carrée classique.  « Punaise ! C’est mieux qu’un dépannage «
A quelques pas, elle s’assoit sur la  chaise rose pivotante, Gigote sur elle-même. Ouvre les tiroirs. On dirait une ado, elle est marrante.
Malgré mon sens de l’oreille, hé hé je me suis trompé. Sacha est donc une fille.
Maintenant, voilà qu'elle se trémousse sur le matelas. Non ! Je n’y crois pas la façon dont elle agite son corps.  Oh! « J’aime bien son cardigan beige à manches longues avec la dentelle incrustée sur les épaules  » C'est mignon.
Vas-y, que j'te fais danser le ventre, comme un p'tit ver de terre. Madame se relaxe.
Organisée, concentrée comme une instit, vas y Simone! retourne les étiquettes sur toutes les coutures.
Qu'est-ce qu'elle peut bien gribouiller sur son cahier à spirales? Hou ! Je suis sûr que chez elle, ça doit être nickel chrome.
Généralement, c’est là que je les abandonne, direction la cafétéria. C'est l’heure de mon petit thé gratos earl grey.
A 15 heures, génial ! Tous les employés qui déjeunent à la cantine Ikéa sont repartis au bureau.
Les mamans du mercredi sont absentes . Enfin, je peux savourer mon thé bergamote sans entendre ces cris stridents qui perturbent mes idées quand j'ai la tête dans les nuages.
Nom de Dieu ! Voilà la Signora qui arrive à la caisse avec son plateau.
Whaou!
A force de l’observer, ..
On  se croirait dans un tournoiement de feuilles mortes devant une terre cognac qui réveille l’hiver de mon imagination. Y a bien longtemps que je n’ai pas dégusté dans cette salle, une eau de vie.
Quelle légèreté dans les mouvements ! Quelle grâce !
Ah yé ça recommence encore, ma petite voix intérieure, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas entendu !
C'est de la belle petite caille, comme tu les aime!
Il faut être difficile, je ne suis pas habitué à ce genre de gabarit.
Tu as vu ces jambes,
Oui pourquoi ?
Je suis sûr que tu as maté sa poitrine quand elle s’est baissée pour ouvrir les tiroirs, t’as aimé ses tâches de rousseur sur le galbe de son buste. Hein coco.
Bien sûr que j’ai maté.
Qu’est-ce que t’attends, vas y !
Je ne la connais pas, je ne vais pas quand même pas me prendre une veste. Mignonne, si charmante soit-elle. C'est une inconnue qui ne demande rien à personne.
J’te dis, qu’elle attend que ça !
C’est une mère de famille,
Et alors ?
C’est une maman qui est venue faire ses achats pour sa fille. Qui profite d’une pause détente pour prendre un thé. Basta !
Allez,  Si tu as un zeste de courage.
C’est une avocate, de plus, elle doit avoir le sens de la réparti.
Raison de plus, elle est toute seule, détendue, personne pour la juger !
J’te dis que les femmes aiment l’inconnu, cueille là en plein vol,
Allez, lolo.
Non, je ne peux pas! C'est une maman.
Tu t’approches en la regardant dans les yeux, tu lui dis que tu la mate depuis un quart d’heure, tu la trouve sensass, élégante et que tu as envie de discuter avec elle. 
ça s’appelle être proche de sa pensée.
Un vrai mec c’est comme ça qu'il fait ! Qu’est-ce que tu crois ?
Non, mais ça ne va pas !
Y ‘a pas une autre approche, comment dire, plus …
Mais non ! Si tu penses l’aborder dimanche, comme au temps des impressionnistes, mon gars ! Tu peux toujours aller te faire brosser pour avoir son numéro de portable.
Tu as un jardin devant toi. Improvise, Innove.
Regarde,
Sa façon de mettre constamment ses mains dans ses cheveux.
N'importe quoi ?
Ça, c’est un signe. Allume-moi ce brasero !
On dirait une gitane autour d’une verdine éclairée de lune avec sa jupe ample...
Ecoute le cliquetis,
Regarde ses nombreux bracelets fins sur son bras.
Ecoute la tzigane s’enivrer du vent.
Je ne suis pas littéraire ni téméraire, mais faut-il avoir tous ces points d'imagination pour aborder une femme?,
Elle vient de lever sa tête, 
C’est une fleur agitée. Allez ! Lolo cueille-là en plein cœur comme un jeune frelon !
Perfore son imagination avec tes dards rétractiles ! 
Tu vois, elle remue sans cesse le cou.
C’est le moment !
Doucement, j’ai les jambes qui flageolent, faut que je respire.
Lève- toi,
Vas-y lolo !
Mais si elle me rambarde gentiment, je reste planté en plein milieu comme un con et je fais quoi ?
Ben quoi, t’aura essayé,
Dimanche à La Frette, Je te vois déjà  faire les cent pas telle une roulotte brinquebalante éternuant la mélancolie des voyageurs infatigables. Depuis le quai de Seine. L’attendant comme un amoureux, chevauchant les notes au galop sur le sillet d’un ciel fougueux…Romantique de mes deux.
Ouais, ouais c’est facile à dire.
T’as la côte lolo, qu’est- ce que tu veux que je te dise. Que t'es beau avec tes chaussures bateau avec ta marinière délavée de Saint james
J'peux pas,
Mais si elle est accompagnée de son mari, Dimanche, j’ai l’air malin.
Mais non grand nigaud, t’as pas encore compris les femmes
Allez lolo,  Respire un coup

dimanche 21 janvier 2018

Bleu pour le ciel à contre courant

Allongé sur le dos,
Hier, j'aimais
Le mouvement de tes doigts
Oscillant dans la seiche au vent
Chapeau de paille entouré d'un ruban
Flottant
L’insouciance
J’aime tout en toi
Quand tu sèmes à tout vent
Là, où ton ombre butine
Et caresse les peaux blanches
Libellule pour la tourbe légère
Bleu pour le ciel à contre courant
Bleu pour la romance du ciel

mercredi 17 janvier 2018

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