samedi 17 mars 2012

dimanche 11 mars 2012

Les johnnies


Ce matin de 1927, après le pardon de Ste Barbe, elle les avait accompagnés sur le quai de Roscoff.
Au milieu des dernières charrettes à bras chargeant les oignons roses avant la traversée. Marie, Châle en pointe, bonnet plat amidonné à l’arrière. Les yeux encore humides pendant les embrassades avant de voir partir Augustin, son fils ainé de 9 ans et son mari. Cap Southampton à travers les cordages de la goélette, le temps d’une campagne au large. Une séparation qui allait durer six mois.
On était johnnie de père en fils et depuis 1828, l’on colportait l’oignon rose du pays dans les quatre coins du royaume uni.
La corporation Ar pen Polis, comptait 50 vendeurs. Auxquelles se répartissaient plusieurs compagnies de mille deux cents hommes au total. Une organisation quasi militaire. Débarqués sur les côtes anglaises, les entrepôts qui servaient de magasins et aussi de logis s’articulaient de la façon suivante. Les uns spécialisés. Les botteleurs en train de tresser des chapelets destinés aux vendeurs qui envahissaient les rues de Southampton pour vendre de porte à porte et d’autres comme cette compagnie Ar pen Polis  dont les intrépides comme Le Guénidec aimaient s’aventurer dans les contrées plus sauvages pour aller de ferme en ferme sous la direction d’un master .
Le Guénidec, trente deux ans,  le béret de côté tirant de l’avant une charge de 140 kilos d'oignons roses tressés dégoulinant du guidon et des gardes boues, arpentant chaque jour la campagne anglaise en vélo aidé d’Augustin dans un nuage de poussières qui ressemblait  au loin à une chenille se faufilant au fond du paysage.
Dans ces errances, Le Guénidec se remémorant, l’itinéraire jeune lui aussi quand il accompagnait son père au même âge qu’Augustin. La besogne dure, le parcours à l'époque se déroulait à pied, un bâton en appui, calé dans les épaules où étaient suspendues les bottes d’oignon dont le bâti avait fait un homme de caractère au cœur tendre. Ce beau gars qui ravissait le visage des clientes anglaises comme son enfant dont c’était la 4ème génération. Le dernier colporteur de la famille serait Augustin  avec ses yeux épagneuls qui avaient ému son père avant le départ. Sa mère retenant ses sanglots. Impuissant, le regard triste face à la providence. Il s’était juré que se serait la dernière traversée.
Les journées étaient longues, il ne fallait pas oublier les gourdes d’eau pour s’asperger le visage où le soleil  d’été cisaillait les nuques par fort après-midi chauds. Le Guénidec prenait soin de son enfant, il l’allégeait de charges dès les premiers signes de fatigue.
Parfois ils dormaient à la belle étoile.
Libres, comme le vent. Le père proche de son enfant. Enlacés dans les blés. Le régalant de tendresse dans les couleurs cuivrées d’oignons. Parfumant le vent du nord sous un ciel étoilé d'histoires contées à haute voix qui émerveillerait Marie. La paimpolaise n'ayant pas sommeil, veillant sur la mèche emboutie. La lanterne mordre un moignon d’aube posée sur la margelle. Quelques portions de nuit comme une dernière lueur sur la côte granit rose avant qu’Augustin et son amoureux ne referment les paupières…

mercredi 7 mars 2012

Gerbera

La paimpolaise

Sur une inspiration "La croix des veuves" de mon frère.


Depuis la côte de granit rose, le vent rase la lande.
En ce dimanche de mai, les rochers vêtus d'embruns embaument le sentier douanier.
Même si dans les pensées,
La paimpolaise réveille des linceuls de parfum.
N'aurait-elle pas croisé sur le parking? Cet homme descendre de voiture avec une femme accompagné d’un jeune enfant.
Sur la jetée de Ploumanach,
Gaëlle peut l’entendre, le suivre…
A marée haute, partout les ajoncs et l'agrostis, battue par la houle remonte le premier émoi. 
En face,
"Les 7 îles " là, où les oiseaux arrachent désormais un morceau du ciel comme une grande voile pour écraser ces années de doute.
Peuvent-elles encore gifler la dormeuse enflammée?
Les yeux rêveurs, Gaëlle attise le feu de l’aube comme pour saborder encore un ciel imbibé d’éclats violacés. 
Ce phare de granit, de roches tendres dont une flamme couleur miel éclaire des portions de nuit où d’emblée l’aréole soulève des linceuls d’embaumeur.
De ce visage hermétique, elle ne peut promettre la lune.
Sinon l’abandonner dans une pénombre recueillie. Là où règne un désir d’expiation.
Cette lueur la protège des laideurs korriganes que sont l’ennui et la résignation. Qu’elle cueille en ronds de sorcières, chaque dimanche, au fond du jardin.
Aujourd' hui, elle n'ira pas déjeuner chez ses parents.
D’ici, elle peut humer le vent comme un animal, le suivre à sa trace, habiller sa course d’un bouquet fleuri. Sentir les effluves qu’il transporte par delà…
Blottie entre les rochers, les cheveux dénoués au milieu des fleurs sauvages.
L’eau gerbe une écume douceâtre,
Où mordue par le ressac.
La dormeuse s’enroule d’un bouquet de bruyère.
Voilà donc ces fleurs bleuir l'océan. Le cœur qui pardonne?
Sous un nœud, les sentiments écorchent le poing serré.
Elle le sent rougi, repu de vide, grignoté par les crevasses sous un châle encore transpirant.
Le hoquet lui monte à la gorge mais elle refuse les larmes.
Gaëlle fixe l'horizon, la mer semble figée.
D’avis, elle sourit que le phare n’aime pas éclairer les souvenirs d’une drôle de gangue...

mercredi 22 février 2012

La Loire

Quelques heures auparavant, la lune dardait les blés de la Beauce. 
Vitres légèrement entrouvertes, j'avais senti la seiche au vent.
Comme la beauté du diable serpentant dans les reflets de la nuit. Où l'effervescence frisotte dans les fumées de l'aube quand l'ombre sournoise colporte le secret aux essaims invisibles.
Amboise la bourgeoise dort tranquillement.
Depuis la berge de Montlouis, je préfère boire un café chaud thermos.
Il est encore tôt pour la réveiller.
C'est ici, qu'elle s'est débarbouillée le visage, les mains en corolle, la première fois...

jeudi 16 février 2012

L' Eternité

L'Eternité, c'est la mer mêlée au soleil (Arthur Rimbaud)

lundi 16 janvier 2012

Pacific coast highway

video

Avec le temps,

Je ne raterai aucun voyage. 

Hier dans,

L’effervescence du calme.

Où les courants colportent le secret des couleurs invisibles.

la discrétion s’emmitoufle.

tantôt au petit matin, tu sembles endormie.

Apparaissent le soir, tes aréoles de mystère.

Laissant des poussières d'ombres,

Dans le silence humide des yeux.

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