jeudi 23 mars 2017

Collioure

Si Henri Matisse, un beau matin, avait chevauché des notes au galop sur le sillet d'un ciel fougueux. Si bleu...
Je n'avais pas encore fermé tous les volets de ma chambre ni entendu la voix de Jim Morrison.
 A quoi ressemblaient les couleurs de la méditerranée?
De ces vignes étagées comme une robe gitane.
Mon regard ne plongerait pas dans le vertige de la mer bleue.
Je savais que ce rosé de décembre chaufferait doucement ma bouche.
Dès les premières gorgées, les épices douces m'apporteraient les notes poivrées.
Le grenache amplifiant les parfums de fruits mûrs, cassis, framboise et la syrah contrebalançant l'équilibre pour partir dans le rouge vif.
Paupières mi-closes. J'écoutais " le light my fire "
Avant de sentir la groseille sauvage s'écraser légèrement sous ma langue.
Mon coeur soufflant de solitude, j'avais réveillé l'éclosion envoûtante de ma bohème dans la perception agréable musicale qui m'enroulait dans les pensées teintées d'ocre et de rose .
Je voyais la tsigane s'énivrer du vent des carpates en devinant le cliquetis des bracelets qui m'emportait avec la chanson...

jeudi 9 mars 2017

Marie

Le soleil détrempe le jaunet des bâches que reflètent les ombres sur le mica des tables bistrots où le lierre s'étale sur les petites briques rouges des maisons à pans de bois.
Sur la petite place, un ciel printanier réveille les pensées de Marie qui boit son dernier café express.
Aujourd'hui, l'étuve parfume les robes à fleurs que caressent furtivement les premiers passants.
L’air triste, Marie suit et regarde un bouquet de jonquilles rond comme un bouquet champêtre, un plein soleil qui ne ressemble plus aux tournesols.
Peut-être, une averse de nuit. Détrempée de solitude.
Sans tige, quand les pensées ne sont plus que des boutons de lune.
Que les chalands piétinent.
A la terrasse, elle s’est levée pour oublier l’odeur du blé vert encore habité par les vents.
Ce jeudi, à l’arrêt d’autocar, la bise donne un léger flottement d’élégance à sa posture malgré sa robe jaune pâle. Celle que l’on teintait autrefois avec des pelures d’oignons.
La couleur pauvre qui habille les jeunes paysannes avant qu'elles ne partent pour la ville.
Hier, elle a jeté son épingle à cheveux dans la petite fontaine. La tradition promet un mari dans l’année, si pièce ou épingle tombe dans la source.
Il y a deux ans, une lettre a torpillé son cœur. Un fiancé perdu dans la guerre d’Algérie s’il n’avait pas rencontré Mathilde.
Ce matin, la rêveuse embrasserait les ombres à tue-tête.
Marie est ce merveilleux bout de femme qui ressemble à l’Eure avec ses brumes matinales. Juste le soleil quand il pleut, dans la rosée tendre où la lumière passe à travers les êtres.
La veille, à la petite source, Marie a trempé ses doigts dans l’ambre gris laissant le bouquet s'éparpiller dans l'eau vive pour croire aux mystiques saisonnières de la vie.
A Lyons la forêt, les tables bistrots n’attendent pourtant que les amoureux.
Soucieuse, se souvient- elle des jeux de paume? Les serments des lignes de la main? L'ombre qui caressait ses cheveux à l’heure du midi?
Ce regard qui lui promettait monts et merveilles?
Les belles paroles spontanées qui enchantent le coeur et percent la raison?
Au loin,
Elle aperçoit l'autocar...

vendredi 3 mars 2017

La petit place de Marçon

La petite place de Marçon était calme, moment idéal pour casser la croûte au soleil. 
Assis sur le banc, je découvrais les lieux pour la première fois.
Etrange novembre en bruyère.
Comme l’endroit s’y prêtait, j’imaginais...

Membres