lundi 1 mai 2017

Djibouti

Short lâche,  je les avais distancés.
Courir dans la poussière des salines,
Je voyais encore les maigres ordures que se partageaient les chiens.
Je l'avais échappé belle!
Sur la place Rimbaud, à côté du minaret, la couleur de mon cœur n'avait pas connu l'aube ensanglantée.
Dans les ruelles mauresques qui menaient à la place Ménélik. Les relents de moka me donnaient le tempo dans les enjambées.
L'Afrique n'avait jamais été aussi belle à travers les trottoirs dans le dédale de mes pensées.
Pour une fois, les bars à naïas ne clignotaient pas sauf une somalienne à la démarche lente, en transparence sous le diré, attirait mon regard. 
Parfumée sous les arcades,
Je pensais à la fraîcheur du soir, aux herbes brûlées,
Aux encens où le henné décore la paume des mains de ces jeunes femmes dont le cliquetis des fins bracelets résonnent pour charmer le soldat.
Mon regard lointain semblant oublier cette Normandie.
De l'aveu,
Je songeais à la chair brune.
Aux dessins mystérieux,
Une Afrique facile où je n'avais jamais autant bu de coca.

dimanche 30 avril 2017

Parfums vendômois

Auparavant, je m'étais arrêté sur la petite place.
Mélange de mélancolie étrange sur le banc avec un vent d'espoir à travers les platanes.
Je goûtais au silence de novembre sous un soleil pâle pendant la pause déjeuner. 
Il fallait continuer la route...Avant Vendôme, le panneau m'avait interpellé.
Je revoyais la vendeuse si avenante, dynamique, m'invitant à la dégustation.
 Le vin était si frais, rond, au goût fruité pour les rouges.
La minéralité du chenin blanc qui ressemblait au paysage du muscadet sur lie quand les notes citronnées titillent en finale de bouche.
Dans une autre couleur,  je retrouvais le côté poivré des rosés que j'avais jadis dégusté.
Bouche discrète, légèreté dans le palais.
Comment n'aurais-je pas aimé les parfums vendômois?
Je ressentais encore l'odeur de la cave quand j'avais franchi le gling de la porte.
Comme l'impression de mieux sentir la vie ...
Au pays de Ronsard, sur la route du retour mes pensées se dispersant sous le manteau de vigne en direction de Paris.

mercredi 12 avril 2017

Du soleil en anjou

Du soleil en anjou
Un casse-tête chinois
pour trouver des chaussons aux pommes
en pâte sablée
J'écoute ma soeur qui parle
à ma mère dans la voiture
que sa copine fait son petit marché
chez meeting
organisée, femme mûre, elle sélectionne
quelques critères
Moi, je pense toujours au bonheur
On me l'avait dit , le désir c'est quelque chose
que tu ne possèdes pas mais que tu aimerais bien posséder
Je me les imaginais
mes premiers rendez-vous au bord de mer
Bien avant l'attente
Elle serait me comprendre
sans que je parle à travers mots
Et puis, dans le silence
J'en avais rêvé
en la voyant

dimanche 9 avril 2017

La saltimbanque

Si je n'avais pas entendu le cliquetis des bracelets.
Un dimanche sur la plage.
Déambulant du marché nocturne.
Mon Dieu qu’elle était Belle !
J’avais l’impression de voir une terre cognac aux arômes floraux,
Réveillant les notes poivrées de mon imagination.
Perdu comme ces voyageurs autour d’une verdine éclairée de lune.
Cette silhouette s'enivrer, tapant du pied nu le feu de son corps.
Cette jupe ample virevoltant la danse du désir.
Ses mains sur les hanches,
Les grelots...
Sans rien savoir de sa migration lointaine.
ni la couleur du ciel.
J'entendais encore les syllabes hurlées...sur la passerelle

jeudi 6 avril 2017

jeudi 23 mars 2017

Collioure

Si Henri Matisse, un beau matin, avait chevauché des notes au galop sur le sillet d'un ciel fougueux. Si bleu...
Je n'avais pas encore fermé tous les volets de ma chambre ni entendu la voix de Jim Morrison.
 A quoi ressemblaient les couleurs de la méditerranée?
De ces vignes étagées comme une robe gitane.
Mon regard ne plongerait pas dans le vertige de la mer bleue.
Je savais que ce rosé de décembre chaufferait doucement ma bouche.
Dès les premières gorgées, les épices douces m'apporteraient les notes poivrées.
Le grenache amplifiant les parfums de fruits mûrs, cassis, framboise et la syrah contrebalançant l'équilibre pour partir dans le rouge vif.
Paupières mi-closes. J'écoutais " le light my fire "
Avant de sentir la groseille sauvage s'écraser légèrement sous ma langue.
Mon coeur soufflant de solitude, j'avais réveillé l'éclosion envoûtante de ma bohème dans la perception agréable musicale qui m'enroulait dans les pensées teintées d'ocre et de rose .
Je voyais la tsigane s'énivrer du vent des carpates en devinant le cliquetis des bracelets qui m'emportait avec la chanson...

jeudi 9 mars 2017

Marie

Le soleil détrempe le jaunet des bâches que reflètent les ombres sur le mica des tables bistrots où le lierre s'étale sur les petites briques rouges des maisons à pans de bois.
Sur la petite place, un ciel printanier réveille les pensées de Marie qui boit son dernier café express.
Aujourd'hui, l'étuve parfume les robes à fleurs que caressent furtivement les premiers passants.
L’air triste, Marie suit et regarde un bouquet de jonquilles rond comme un bouquet champêtre, un plein soleil qui ne ressemble plus aux tournesols.
Peut-être, une averse de nuit. Détrempée de solitude.
Sans tige, quand les pensées ne sont plus que des boutons de lune.
Que les chalands piétinent.
A la terrasse, elle s’est levée pour oublier l’odeur du blé vert encore habité par les vents.
Ce jeudi, à l’arrêt d’autocar, la bise donne un léger flottement d’élégance à sa posture malgré sa robe jaune pâle. Celle que l’on teintait autrefois avec des pelures d’oignons.
La couleur pauvre qui habille les jeunes paysannes avant qu'elles ne partent pour la ville.
Hier, elle a jeté son épingle à cheveux dans la petite fontaine. La tradition promet un mari dans l’année, si pièce ou épingle tombe dans la source.
Il y a deux ans, une lettre a torpillé son cœur. Un fiancé perdu dans la guerre d’Algérie s’il n’avait pas rencontré Mathilde.
Ce matin, la rêveuse embrasserait les ombres à tue-tête.
Marie est ce merveilleux bout de femme qui ressemble à l’Eure avec ses brumes matinales. Juste le soleil quand il pleut, dans la rosée tendre où la lumière passe à travers les êtres.
La veille, à la petite source, Marie a trempé ses doigts dans l’ambre gris laissant le bouquet s'éparpiller dans l'eau vive pour croire aux mystiques saisonnières de la vie.
A Lyons la forêt, les tables bistrots n’attendent pourtant que les amoureux.
Soucieuse, se souvient- elle des jeux de paume? Les serments des lignes de la main? L'ombre qui caressait ses cheveux à l’heure du midi?
Ce regard qui lui promettait monts et merveilles?
Les belles paroles spontanées qui enchantent le coeur et percent la raison?
Au loin,
Elle aperçoit l'autocar...

vendredi 3 mars 2017

La petit place de Marçon

La petite place de Marçon était calme, moment idéal pour casser la croûte au soleil. 
Assis sur le banc, je découvrais les lieux pour la première fois.
Etrange novembre en bruyère.
Comme l’endroit s’y prêtait, j’imaginais...

mardi 28 février 2017

Ma plus belle nuit d'amour

C'était les bords de Seine, au fin fond du vexin français.
département Val d'Oise, jm'en souviens très bien.
J'étais parti de bon matin, un dimanche d'avril avec une assistante commerciale.
Son visage m'avait d'emblée séduit.
Après Pontoise, La campagne était verdoyante,
J'me disais une femme qui accepte de partir avec moi hors cadre professionnel,
C'était déjà un bon bout de chemin bras dessus bras dessous.
Qu'ils étaient beaux ces villages en pierres du Vexin.
Surtout la campagne vallonnée avec ces shetland paisibles dans les prairies.
De la voir se pencher cueillir l'herbe. La posture me semblait belle, naturelle, figée comme une femme d'une autre époque.
Whoua !  quelle idée géniale, j'avais eu.
J'avais choisi en décor de fond le château de la Roche Guyon et le guide du routard me porterait chance pour l'escapade amoureuse.
Depuis ma chambre d'habitant, je pouvais suivre de long en large le panorama de la route des crêtes. De mon lit, je voyais déjà la Seine.
Étudié avec soin, les menus  " Logis de France " puis comme un avant-goût, les marches du château à travers la roche calcaire pour accéder enfin au donjon. Endroit panoramique sur les méandres du fleuve à 360° pour commémorer la romance.
Une journée inoubliable où je jubilais ma perspective amoureuse sur les bords de Seine illuminés.
Quand la soirée serait fraîche après les agapes, il me suffirait de coller mon corps auprès de cette inconnue. Ma dernière nuit en  tête à tête, La lune ronde éblouissant mes pensées divinatoires ne la quittant plus dont l'atmosphère de ma chambre donnant l'impression d'être pour une seule fois, le gardien de ses rêves.
Si le bonheur ou les choses que l'on nomme mystérieuses commencent toujours par une histoire en mouvement. D'instinct j'étais tombé à point.
Le lendemain,  je découvrais la route des crêtes et la petite place du village.
Qu'il était imposant ce château adossé à la roche crayeuse,
Les parquets, les toiles murales en tissu, ces grandes fenêtres,
Ces tableaux , ces visages de la famille de La Rochefoucault que je n'avais que faire.
Ce silence, cette odeur ancienne.
Malicieusement, j'attendais l'accès des marches pour franchir tous les paliers du bonheur.
Du haut, je dominais la Seine et dans quelques heures, mes mains n'allaient pas tarder à effleurer ces hanches menues. Quand une femme vous regarde droit dans les yeux ! Il faut rester concentré sur les choses à venir.
Et le menu, je l'avais étudié,
Martini rosso dans les verres long drink pour frapper la notion de plaisir dans le cadre sympathique du restaurant;
Fasciné par sa voix douce, je ne réalisais pas, encore emporté dans les courants de mon imagination.
Hélas vite apostrophé par le maître qui m'avait réveillé pour énoncer le
- Foie gras et ces petits toasts, fleur de sel de Guérande,  petite sauce verte melon pour madame.
- Pour suivre, sole meunière accompagné de petits légumes vapeur.
Et devant celui ci étonné.
- J'avais choisi des moules marinières
- Un filet de boeuf, frites
- Et, comme l'impression de ne pas avoir fait le bon choix où les mets de poissons étaient réputés nobles.
La sentence n'allait pas tarder, le seul au milieu du restaurant avec la grosse marmite noire posée sur la table. Sentant le regard des clients se posaient sur moi. Avais-je fait une bêtise?
En plus, c'était des grosses moules et je voyais la  jeune femme qui se délectait de son foie gras avec sa sauce melon verte dessinée sur l'assiette, la pointe de son couteau nappant quelques cristaux de fleur de sel sur le toast.
Et moi qui me bagarrait à la cuiller pour chercher des lamelles d'oignon au fond de la marmite.
De plus, ça commençait à me gargouiller,
J'me disais :
Qu'est-ce qui m'était passé par la tête?
Heureusement, le Pouilly fumé était frais, bien minéral comme je l'aimais pour accueillir la belle sole appétissante dans son beurre noisette citronnée et persillée destinée en face de moi..
D'un geste délicat,  la voyant décoller méticuleusement le filet du poisson avec le dos de la fourchette pendant que je mastiquais un morceau de viande que je n'arrivais pas à déglutir. Mes réponses en hochant constamment la tête sans prononcer un mot avant de saisir la serviette pour cacher cette boule de viande qui me dégoûtait.
De plus,  mes mains sentaient l'odeur des moules avec ce rince doigts qui puait le liquide vaisselle me donnait des nausées.
Mon visage devenait blême,
Sans doute devait elle se dire ce mec est bizarre?
Il est bien silencieux , maladroit, timide.
J'attendais impatiemment le dessert
- un café gourmand pour madame avec ses petits macarons, pâtes de fruits. Je revois encore ces petites mains piochant délicatement les mignardises.
Avant de prendre le frais, j'avais choisi la sonate de printemps. Histoire de mettre ma bouche en préparation exquise. Les sorbets aux fruits avec son coulis de cerise arrivaient à point pour m'enlever ce goût d'oignon.
Le temps de régler l'addition au bar,  ma main posée sur mon ventre,
J'étais monté illico pour prendre les premières toilettes. Un mal de ventre, en voyant le papier de toilette qui diminuait à peau de chagrin.
Et le temps qui me semblait long.
Je sortais, l'air penaud.
Ne la voyant plus dans le vestibule du restaurant.
Sur le parking. Collée à la voiture,
Elle m'attendait tristement.
Pas de doute, je lui avais fait de l'effet...

mercredi 22 février 2017

The Whipers

ça date de 1979
Mais toujours super en écoutant dans la voiture ou faire le ménage

vendredi 17 février 2017

Du soleil dans les platanes

Je les trouvais beaux les platanes à Château-Gontier.
A cette époque, je roulais l'automne d'Angers à Laval.
Pourtant,  j'm'en disais des choses sur la route.
 « Une longue Démonstration c'est un sujet qui n’en demande pas plus au risque de s’éparpiller dans des descriptifs trop longs qui pourraient gêner le rêve"
Des instants courts qui ciblent,
« Le bonheur »,
Je le voyais comme une histoire en mouvement…
Une façon de voir la vie de l'autre côté,
Mais dans mon imagination, j’avais beaucoup de temps mort et je savais qu'il fallait davantage pour réveiller une dormeuse.
J’avais bien commencé par le premier regard mais je n’étais pas allé jusqu'au bout.
Cependant, elle avait marqué mon esprit.

jeudi 9 février 2017

L'art de se gâcher la vie (Marie Andersen)

Quelle clef choisir ?
Un livre ne remplace pas une psychothérapie. Celle ci s'inscrit dans un dialogue avec un professionnel. On y prend le temps qu'il faut pour dénouer les embrouillages, panser les vieilles plaies, déchiffrer les freins et reprendre goût à la vie. Ce travail permet d'arriver  doucement à comprendre et gérer ses émotions d'une manière plus choisie. C'est tout un cheminement.
Ce livre a un autre but : je souhaite qu'il puisse vous aider à vous débrouiller seul. C'est une aide à la réflexion. Le terreau que je vous propose de développer pour vous débarrasser de vos fonctionnements inadéquats et enraciner de nouveaux comportements est essentiellement un cheminement mental, même si l'émotion s'éveille de-ci; de-là, au fil de la lecture;
Dénoncer seulement les dysfonctionnements qui vous entravent et n'apporter que des solutions "à bon marché" serait de ma part une contribution supplémentaire à l'art de vous gâcher la vie, en vous donnant l'impression que c'est facile.

j'aimerais vous donner deux grandes clés. Simples et puissantes.
Elles paraissent évidentes, elles ne sont pas nouvelles, et pourtant elles sont rarement prises en considération quand on est dans l'embarras. Elles sont tout simplement essentielles.
Juste deux clés, une dans chaque poche !

La première est la clé de l'acceptation, elle ouvre trois portes : l'imperfection, la finitude et la solitude.

La seconde est la clé du changement, elle ouvre également trois portes : la responsabilité, la puissance et le sens.

Elles ouvrent à elles deux les verrous qui empêchent l'adoption de fonctionnements justes et efficaces, qui permettent de résoudre les difficultés, surmonter les frustrations et dépasser les déceptions au lieu de les entretenir sans conscience. Elles constituent des outils fondamentaux pour une vie plus légère, plus fluide et plus lucide. Elles permettent de cheminer en souriant, malgré les inévitables aléas de la vie.
Quelle porte devez-vous ouvrir? Est ce une porte de l'acceptation ou du changement?
Les situations qui vous empoisonnent la vie sont souvent plus complexes qu'elles n'apparaissent à première lecture : il peut s'y mêler du rationnel, du sentimental, de l'émotion, du financier, du temporel et des valeurs, bref un vrai capharnaüm !
L'homme fait partie d'un système qui le dépasse, qui va de l'infiniment petit à l'infiniment grand...

(Marie Andersen  extrait - L'art de se gâcher la vie)

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