Allongé sur le dos
Hier, j'aimais
La douceur de tes doigts
Hier, j'aimais
La douceur de tes doigts
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Après avoir quitté le pont de Sèvres, je roule sereinement qu'au rond point de Chartres, maintenant je peux passer par le jardiland du coin et suivre le cours du Loir,
Il fait bon et j'aime le mois de juin à la pénombre.
En ce dimanche, mes incertitudes se mêlent encore au paysage mais je sais que la providence est au silence de la pensée. Hier, les émotions se superposaient sur des registres différents où mon cœur, mon esprit s'emballait dans le flou à chaque sms, à chaque entrevue de femmes différentes.
Les idées préconçues, les hypothèses, les projections sur des faits imaginaires m'empêchaient de voir clair.
Depuis, le silence des jours régule mon système émotionnel, telle une boussole et je sens les vibrations dessiner le bonheur de te rejoindre.
De toute façon, je ne sais même plus si tu habites encore cette ville.
Je ne sais même plus où tu es? ...Si tu es seule. Si je pouvais...
Là-bas, il y a le bout du monde
Les dunes, les coups de ventsPendant qu'on me shampoigne
j'entends le refrain de cette chanson
"Absence, absence mais pas l'indifférence"
Malgré les apparences, c'est à toi que je pense"
C'est étrange d'écouter ces paroles
"Je peux vivre sans toi et être à toi quand même"
"iL n'y a pas de loi pour prouver que l'on aime"
"j'peux pas expliquer ça"
"Loin des yeux, près du coeur"
Tous ces choses me touchent
Alors que je fais les cents pas dans ma tête
Si j'étais en Anjou, J'irai te chercher à la gare
Je porterai tes bagagesC'est un trou de mémoire où stagnent les éclaboussures d'une mère morte. Quand la douleur est vague, mon amour, elle n'emporte rien. Elle coule. Cette nuit pourtant, un brise-lames se pend dans le canal. J'entends son corps de brume sangloter un rire houleux. Et ton ombre au passage, qui ruisselle aux dernières cataractes, ne peut le secourir. De ce rire cristallin, résonne la plainte du puits perdu. Je l'entends, avec une âme qui grouille et des têtards de soupirs dans leurs bottes d'égoutier. Sous le battement de la pluie et des paupières, j'entends clapoter le collyre contre les grilles. Cette nuit, je te vois la peau nue, molle, humide. Mais peut-être que je ne sais pas voir, mon amour. Peut-être que cette douleur-là a simplement la cornée des sentiments rudes. Comme la tempête du soupirail. Comme le chagrin qui dessille à vivre dans les larmes. Hoquet, la souffrance disais-tu. Autour du globe, les pupilles sont devenus mousses par usure.
A l'orphelinat, combien sont allés cueillir les prunelles au fond du jardin? Combien, énucléés, explosent de joie dans la poudre d'iris? Soudain l'océan a quelque chose de sinistre. Il écume et fait jaillir ta colère. A ta respiration cutanée, je devine une lente métamorphose. En orbite sur des brisants épars. Parfois, j'aime m'attarder sur la lentille rousse de ton front. J'y vois une île de beauté. De cette mère jamais létale, souffle la bise. C'est une baie vitrée. La transparence d'un monde vu de loin. Là-bas, je me noie dans la liqueur de tes yeux. Si l'alcool rétrécit les pupilles, il allume aussi l'éclat du ciel. Ces voiles immenses qui entraînent la fange des caniveaux. Tu as toujours ces mots qui font rire le silence, comme les "cabines d'uvée" ou la "cour borgne des miracles". Ces mots échardes, éclairés, te donnent la juste lumière. Alors cette nuit, je te suis les yeux fermés, mon amour. Il me suffit juste de lorgner ton île, d'essuyer un grain. Et d'apprendre les marées au fond du regard...
(texte Jonavin)