Le prêtre Armand Morel a un vieil accent lorrain. De profil, je peux lire l’alphabet de Dieu dans les voyelles de sa voix sonnante. Comme une peau moite, elle transpire puis s’essouffle à mots espacés. Dans l’écho des brodequins ferrés, tintent les tiraillements douloureux de son pas claudicant. D’une haleine, voilà qu’il rabâche en bon perroquet, les pèlerinages de Pentecôte et l’itinéraire de cette route régionale emprunté autrefois par Charles Péguy. Je l’écoute réciter un passage de la crucifixion, calquant mon allure à sa démarche engourdie. A perte de vue, l’ombre de mon bâton gangrène la terre humide. Les champs de blés verts habités de vent. Et le ciel, qui arrosé de gouttes froides colle aux chemises. C’est un vent d’orage. Un vent boiteux qui trébuche sur la lecture du prêtre dans ses images d’Epinal.
ALCOOLS
dimanche 23 août 2026
Un nombre parfait
mardi 11 août 2026
balade d'été
Les couleurs étaient belles. La route droite,
Sous le soleil de juillet, je ne pouvais rien faire si ce n'est comprendre un peu le processus de la vie.Avec infiniment de douceur, réchauffé par la lumière du jour, je voyais toujours ma destinée amoureuse à travers le pare brise.
lundi 3 août 2026
(petits poèmes d'été première vendange)
En ce début d'automne
Le Loir s'est assoupiDans les brumes matinales
Augustin est pensif
Une aile sauvage zigzague
Louise en robe légère
frissonne dans un manteau de vigne
Des odeurs d'acacias
Détalent du jardin quand elle s'approche
Dans l'instant, lui savoure les épices douces
La cannelle qui se mélange aux écorces d'agrumes
Et soudain
Et soudain
Quand le matin berce les rosées tendres
D'un ciel éméché
jeudi 23 juillet 2026
petit poème d'été
Allongé sur le dos
Hier, j'aimais
La douceur de tes doigts
mercredi 17 juin 2026
Là bas
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Après avoir quitté le pont de Sèvres, je roule sereinement qu'au rond point de Chartres, maintenant je peux passer par le jardiland du coin et suivre le cours du Loir,
Il fait bon et j'aime le mois de juin à la pénombre.
En ce dimanche, mes incertitudes se mêlent encore au paysage mais je sais que la providence est au silence de la pensée. Hier, les émotions se superposaient sur des registres différents où mon cœur, mon esprit s'emballait dans le flou à chaque sms, à chaque entrevue de femmes différentes.
Les idées préconçues, les hypothèses, les projections sur des faits imaginaires m'empêchaient de voir clair.
Depuis, le silence des jours régule mon système émotionnel, telle une boussole et je sens les vibrations dessiner le bonheur de te rejoindre.
De toute façon, je ne sais même plus si tu habites encore cette ville.
Je ne sais même plus où tu es? ...Si tu es seule. Si je pouvais...
Là-bas, il y a le bout du monde
Les dunes, les coups de ventsL'océan qu'on dénude
Des coques de sable
Que le vent ébroue
Au risque d'égarer la perle rare
L'immunité acquise
en regardant le ciel
Les rochers sur l'estran
Mais quand la pluie mouille ton visage
Au loin du rivage
Je te trouve encore plus belle
vendredi 29 mai 2026
jeudi 7 mai 2026
J'ai envie de toi
Ce soir, promis, je te ferai un petit. Fort, robuste et serré tout contre toi. Un petit que tu pourras choyer de tes mains et de tes lèvres. D'un nuage de lait, tu pourras deviner l'ébène de ses grands yeux noirs. Le grain de sa peau, l'écorce de son âme en cerise. Parce qu'en un mot, je sais où je t’emmènerai: à Rome.
Ce soir, Camille, je serais ton Barista. Ta fontaine de Trevi dans l'express de nos amours enivrantes. Sans amertume, j'inventerai ton ventre rond. Les envies de moka, les baisers en bouche. J'inventerai son regard un peu mousse, ses larmes brûlantes et toutes les vapeurs d'ivresse d'un philtre magique entre nous. Soudain l'hiver viendra fondre sur le bout de la langue. Tu entendras la poudre crisser, fouettée par la neige autour de tes doigts. En deux coups de cuiller à pot, tu pourras vivre chaque traction d'un enfant de la balle. Camille, pour toi, j'irai griller d'impatience mes incertitudes. Moulu de fatigue, boire la tasse à la fontaine.
Pourrai-je encore tourner le dos à ta crème de beauté? Oublier les parfums et les nuances de tes sourires, l'atmosphère excitante de nos corps l'un contre l'autre? Mais peut-être suis-je resté bébé...Ce que j'aime est en toi. J'ai tout préparé. Les bougies, la lumière tamisée, la chambre et les heures du réveil au compte-gouttes. Cet instant émotionnel où nous fermerons doucement les yeux.
Ce soir, promis Camille, je te ferai un petit. J'inventerai une eau-de-vie romaine. J'irai chanter des gloria. Je sais les promesses de mariage, les Mazagran du matin cafardeux, les cafés borgnes d'autrefois. Aussi j'apprendrai tes bouffées de chaleur, les présages payés au marc quand de mes yeux, grands comme des soucoupes, je vous emmènerai sur le zinc du petit prince. Ce soir, promis, mon amour, je te ferai un petit...café italien.
Mais viendras-tu?...
texte Jonavin
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