lundi 26 septembre 2022

Je sais

 




S
i les incertitudes s’estompent sur la route

Je sais, le charme de l'existence est de ne pas savoir

Dans l'humidité odorante

Je roule prudemment pour te rejoindre

Je ne raterai aucun voyage dans
L’effervescence du calme
Où, les courants colportent le secret aux couleurs invisibles
Je sais, la discrétion s’emmitoufle 
Quand j’aime respirer tes odeurs de vie
Même si au petit matin, tu sembles endormie
Disparaissent tes aréoles de mystère
Laissant peu à peu des poussières d'ombres de clairvoyance

jeudi 8 septembre 2022

Bleu pour le ciel à contre courant

 



Allongé sur le dos
yeux mi-clos

Hier, j'aimais

Le mouvement de tes doigts

Oscillant dans la seiche au vent
Chapeau de paille entouré d'un ruban
Flotte
L’insouciance
J’aime tout en toi
Quand tu sèmes à tout vent
Là, où ton ombre butine
Et caresse les peaux blanches
Libellule pour la tourbe légère
Bleu pour le ciel à contre courant
Romance pour le ciel bleu

lundi 5 septembre 2022

L'éclat

 iL y a bien longtemps que je ne l'ai pas vu.

Aujourd'hui, je suis triste, il y a du bon Pouilly-fumé, une bonne référence « L'Eclat »
Souvent dans l'absence, je devine ses apparitions.
Elle avait ce côté minéral en attaque de bouche,
De plus avec la saison de la St-Jacques, capeline, mode tartan,
La baie figée de St-Brieuc serait exquise pour une bouche vierge. 
Un sauvignon travaillé sur un beau versant exposé au soleil levant, livrant quelques notes d’agrumes pour finalement s'exhaler sur un bouquet de fleurs blanches.
Elle avait le sens musical Sophie, le nez sensible, la bouche gourmande.
La tonalité chèvrefeuille, 
Ca l’amusait beaucoup mes touches de miel et fleur d’acacia.

La complexité aromatique, les notes crescendo.
J’avais bien essayé dans le vif du regard, les saveurs empyreumatiques. Tout ce qui se lie au feu. Histoire de la voir s'évanouir en fumée. Mais elle était restée aussi sec que le sauvignon pierre à fusil, l'arôme citronné pour la chair, certes mais idéal pour le homard.
Peu à peu,
Je m’étais enfoncé comme un bouchon où l’inox perd son éclat, j’étais pourtant bien revenu avec la notion de champagne sur une approche de pain grillé, de brioche tendre. Arôme torréfié comme un compte-gouttes mêlant sur le moment, l'émotion.
L'instant,
Quelques bulles fines avec une bonne persistance,
Une belle profondeur de style avec le perlage d’une grande finesse. Mais  l'intensité ni mes idées affinées en cave n'avait laissé entrevoir sur ses lèvres. Mûrir sur lies une mousse caressante.

Je m’étais donc résigné à l'attente, où la carpe méfiante, se nourrit. Ce goût vaseux encore dans ma bouche, où j’avais pourtant senti dès la première approche, la tourbe fraîche.
De peur d'effrayer le poisson,
Je revoyais la belle bourgeoise avec ce sourire narquois, disparaître avec mon flotteur...

jeudi 4 août 2022

Du soleil en Anjou




Du soleil en Anjou
Un casse-tête chinois
pour trouver des véritables chaussons aux pommes
en pâte sablée
J'écoute ma sœur qui parle
à ma mère dans la voiture
que sa copine fait son petit marché
chez meeting
Organisée, femme mûre, elle sélectionne
quelques critères, trouve les indices
Donne les rendez-vous les uns après les autres
Moi, je pense toujours au bonheur
On me l'avait dit, le désir c'est quelque chose
que tu ne possèdes pas mais que tu aimerais bien posséder
J'me les imaginais
mes premiers rendez-vous au bord de mer
Bien avant la maison de campagne
Elle serait me comprendre
sans que je parle à travers mots
Et puis, dans le silence
J'en avais rêvé
en la voyant

mercredi 27 juillet 2022

lundi 6 juin 2022

Guy de Maupassant (on pourrait dire plutôt Aristote que Platon)

 



«
Allons donc, c’est stupide de dire ces choses-là ?

– Il n’est jamais stupide de dire la vérité. Je te répète qu’un garçon, pas laid, pas bête, assez roué, habitué aux femmes, à leurs manières, à leurs défenses, à leurs caprices, à leurs faiblesses, qui sait lire dans leur cœur, dans leur âme et dans leurs yeux, qui pressent leurs défaillances et devine les fluctuations de leurs désirs, vient toujours à bout de celles qu’il veut. Je dis toujours, et de toutes, presque sans exception. Et l’exception dans ce cas ne fait que confirmer la règle. »

Quatre jeunes gens debout écoutaient la discussion. Trois d’entre eux tenaient pour Jean de Valézé qui soutenait la cause de la pluralité des femmes honnêtes. Un seul soutenait énergiquement l’avis de Simon Lataille, qui reprit : « À quoi sert la discussion sur ce point, d’ailleurs, et comment nous entendrions-nous ? Nous ne jugeons, nous ne pouvons juger de ces choses que d’après notre expérience personnelle. Or, si vous avez trouvé beaucoup de rebelles, il est indubitable que vous devez croire à la sagesse des femmes, tandis que si j’ai rencontré beaucoup de défaillantes, j’ai le droit de conclure à leur faiblesse. Or, songez que la vertu et la résistance ne tiennent à rien, à un cheveu, comme on dit, oui, à une mèche de cheveux frisés d’une certaine façon, à l’expression d’un œil, au je ne sais quoi mystérieux qui rend un être, homme ou femme, instantanément désirable pour les créatures d’un sexe différent.
Celui-là, ce privilégié triomphera toujours ou presque toujours, sans effort, par la seule puissance de sa nature, en vertu de ce don secret qu’il a, de ce charme inconnu et sensuel qu’il porte en lui, don et charme inaperçus de ses voisins de même race, alors que ces mêmes voisins, plus intelligents, plus beaux même, échoueront dans leurs tentatives. D’où il résulte que deux hommes pareils ont le droit de ne pas voir la vie et les femmes de la même façon.
Et puis il y a ceux qui s’y prennent mal, ceux qui se découragent trop vite, ceux qui ne distinguent jamais le moment précis et surtout ceux qui désirent peu parce qu’ils ne savent pas vraiment aimer les femmes. Je dis que le vrai désir, le désir brûlant, le désir qui fait frémir la main et enflamme le regard est contagieux comme une maladie. Une femme qui se sent désirée ainsi appelée ainsi est à moitié vaincue d’avance. Et elles sentent cela, par tous leurs nerfs, par tous leurs organes, par toute leur peau. Ce genre de sympathie-là est irrésistible, voyez-vous. Mais, sacrebleu, il faut que le ton de toutes vos paroles, que tous les mouvements de votre bouche, que toutes les caresses de vos yeux, leur disent et leur répètent l’ardeur de votre appel. Si vous causez avec elles comme vous le feriez avec un professeur d’histoire, elles vous résisteront jusqu’au jugement dernier ! Quoi que vous leur disiez, pensez à leur étreinte, pensez à leur baiser, pensez à leur nudité, et derrière vos paroles les plus chastes et les plus graves, elles devineront, elles sentiront cette sollicitation pressante et muette.

(Guy de Maupassant)

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