vendredi 25 novembre 2022

Mr Sainte Nitouche


 J'adore écouter ce clip quand je fais mes courses en poussant le caddie

mardi 22 novembre 2022

La naissance


 Après le film du lundi soir,

Je montais doucement les escaliers en bois pour ne pas réveiller ma grand mère.

Mes pieds se réchauffaient doucement à la brique rouge entourée de papier alu.
En me retournant dans le lit,  je découvrais dans un tiroir de la table de chevet "  Mers du Sud", mon père devait aimer lire.
J'avais quitté mes parents, frères et sœur.  Je venais d'avoir 14 ans pour vivre seul avec ma grand-mère qui habitait dans le bassin minier entre Lens et Lille. Quelle idée! Tout ça pour ne pas redoubler ma 5ème en Normandie.
Je trouvais que la pédagogie du Nord me semblait plus facile.
C'est bizarre, je ne lisais point et n'ai jamais été attiré par les lectures. J'aimais penser dans le vide en regardant le vasistas de la chambre avant de m'endormir.
Pourtant, je ne manquais jamais un apostrophe chez Pivot,
La musique intro m'emportait avec la fin du générique. Rien de tel pour me donner le bourdon. Qu'est-ce que je les trouvais intelligent ces écrivains, c'est vrai,  la notion de répartie, d'analyse sur la vie, d'autocritique me fascinait, je me demandais si la hiérarchie existait entre eux.

Un soir de semaine pendant que je regardais le film. La porte avait sonné, une voisine de ma grand mère annonçait la naissance de mon frère. Et j'allais devenir son parrain.
Au petit matin,
Je me souviens encore des pub qui résonnaient dans la cuisine.
En descendant, la même odeur de café chicorée dans les escaliers, les jours se ressemblaient.
Et ma grand-mère, déjà, briquait la cuisinière. comment pouvait elle vivre dans la solitude toutes ces années? Et moi qui attendait impatiemment les vacances scolaires pour repartir voir ma famille.
Les traditions du nord avec le pain tranché dans son emballage blanc en papier, les gaufres fines fourrées à la cassonade, la soupe à l'ail fumé d'Arleux confectionnées par ma grand mère,
Le poêle à charbon, avec son tiroir aux petits bois, je me suis régalé de ces petits plats mijotés sur la grosse plaque en fonte.
J'Observais ma grand mère perpétuer ses gestes naturels. Levée chaque jour à la même heure. C'était une forme de méditation sans que je m'en aperçoive et pour elle une hygiène mentale quand elle s'affairait.
La grosse motte de beurre posée sur le verre transparent où le gros poste radio avec les stations inscrites en allemand me contait l'horoscope de 7 heures.


Après le petit-déjeuner, je versais l'eau bouillante dans la petite bassine jaune émaillée comme au temps des mineurs pour me laver. Le grand bain, c'était le samedi matin. La vie de ma grand mère paternelle était rythmée par des habitudes.
Dans la grande bassine en zinc, il fallait faire chauffer beaucoup d'eau et je m'en accommodais.  Avec le recul, je n'étais pas un garçon difficile mais je m'étais renfermé dans mon adolescence. Je ne sortais jamais, Mes seules évasions, la musique, la télé.
Chaque jour, me regardant dans la glace, mes cheveux soigneusement ordonnés avec un grand peigne en fer.
J'enfourchais le vélo pour partir au collège.

lundi 21 novembre 2022

Futuroscope

 





Je m'étais complètement installé dans le fauteuil comme ces spectateurs.

Encore un peu sonné, contemplant dans le style des années 30 le cabaret enfumé de Buenos Aires. Ces belles femmes longilignes à la robe courte dont les franges fines et longues aiguisent le regard.
Les cheveux lisses, la coupe garçonne dont le collier de perles fait briller la luisance de la peau.
L'allume cigarette, légèrement posées sur leurs lèvres sensuelles, n'attendant plus que dans la prunelle scintillante. L'instant tango qui figerait la pose dans l'oubli.
A la limite du silence, mon esprit s'était enflammé dans la lumière noire du bandonéon. Sans gêner le guidage de mes yeux. Ma main droite se poserait dans la couture transparente.
Voile de mon imagination, se calant dans le bas du dos.  Avec l’envie de se déplacer comme ses pas dans le miroir, lustrant, tourbillonnant sur le parquet.
Sa tête renversée. Cambrée de feu, sa jambe arrière étendue, glissant lentement dont la ligne de mire se perdrait dans le discret ruban enlacé de ses frêles chevilles. Position délicate et parfaite d'une silhouette comme l'abandon d'un corps pour le remonter doucement. Où sa légère rotation du buste. Pousserait le désir dans mes yeux.
Le parfum visuel ne faisait que commencer...

lundi 31 octobre 2022

Les côteaux du Vendômois





En ce jeudi, je découvre les vins du Vendômois à Villiers sur Loir.

Les incertitudes du matin automnal se sont estompées sur la petite place de Marçon. Le bruissement de certaines choses me fait comprendre que le temps n'a rien à voir avec le bonheur ni même la solitude. Le fait d'être seul, assis sur le banc me donne un air de bien être pour croquer un silence de Toussaint au milieu des seize tilleuls avec l'église en décor et ces maisons murs tuffeau.
Après ce léger vagabondage, je reprends mes esprits,  

Sur la route du retour,  j'aperçois un écriteau "Les Côteaux du Vendômois". Je bifurque vite sur le parking qui me semble désert.
Dès le gling de la porte, une jeune femme à la coupe garçonne m’accueille.
Je jubile, devant moi se dresse le comptoir de dégustation avec ses grands verres suspendus.
Sur le côté droit, un alignement de palettes avec des bouteilles bien rangées attire mon attention.
Pour un jeudi après-midi ! Respirer l'odeur du vin champêtre au pays de Ronsard avec le visage de "Meg Ryan" comme hôtesse de jour. Y a pas mieux pour débuter l'après midi !
Pour épicer la conversation, je lui demande "Quelle est la typicité régionale du rouge"? Son débit de paroles est remarquable, fluide. En plus d'être pédagogue, la vendeuse est avenante, mignonne, dynamique.
Difficile de ne pas se laisser glisser comme un chaland sur le bord du Loir.
Profitant du calme,
Elle m' invite à la dégustation pour me faire deviner la gamme du pays.

Dès les premières gorgées, les vins sont frais, ronds au goût fruité pour les rouges. Hum! la minéralité du chenin blanc, citronné en finale de bouche me plaît, faut dire, j'aime bien quand ça titille un peu au bout de la langue.
Les rosés et gris ont un côté poivré qui se détachent nettement de ceux de l'Anjou. Notamment ce pineau d'Aunis à la rose pâle dont ce mélange aux arômes de baies rouges et notes poivrées me rappelle ces épices douces comme un baiser brûlant que l'on découvre en pleine nature au détour d'un chemin...Sous un manteau vigne.
J’imagine des associations. Cette légèreté dans le palais avec la subtilité en douceur quand le vin se fait discret.
La charmeuse me fait comprendre qu’il existe pour les littéraires et poètes, une cuvée "Irène Frain".
Dans la vitrine du rayon, des bouteilles vinifiées en vendanges tardives et demi-sec existent aussi.

Pour ne pas oublier les parfums Vendômois, Je repars avec deux cartons sous les bras.
Sur le parking, l’éclat du soleil est toujours là. En allumant la radio, il ne manquerait plus que j’écoute "Eye in the Sky" d’Alan Parsons...






samedi 29 octobre 2022

Sheryl Crow "Walk on by"


 J'ai l'impression que l'ancien président américain est sous le charme de la chanteuse, 52 ans à l'époque.

Oui, il faut dire la donzelle a une belle géographie pour un navigateur qui aime explorer aussi bien l'hémisphère nord et sud.

mercredi 19 octobre 2022

Toussaint

 


Après avoir quitté le pont de Sèvres, je me dirige sur la voie Rambouillet.

Je roule depuis une heure,

Chaque année, c'est devenu une sorte de pèlerinage.
Juste avant d'arriver au rond point de Chartres, c'est là, que j'hésite entre l'autoroute et la nationale.

Je bifurque à gauche, devant le jardiland du coin, y a de la bruyère. Histoire de pas me planter avec les dates de Toussaint.

C'est une fleur pour les pierres tombales. Une fleur costaude.

Voilà ce que je me raconte sur la route.

J'adore l'automne comme l'impression de mieux sentir les vibrations quand je suis le cours de la rivière du Loir.

Sur la roûte vendômoise,

J'imagine toujours que le courant colporte des choses invisibles au pays de Ronsard. Entre chien et loup, j'aime me moucher avec des kleenex de pleine lune qui mène au pays de l'anjou.

La route, je la connais par cœur, ça c'est sûr je ne risque la panne des sens.

D'ailleurs, le parfum de la rose s'est évanoui, maintenant je respire les odeurs de fumée en suivant l'ombre défilante.

Même si la bougie vacille, le moteur ronfle et tressaute à chaque nouveau paysage.

Sur les méandres du Loir, impossible de ne pas m'arrêter sur la berge du parking.

Dans mes pensées, résonne le chant matinal des oiseaux. Ce banc à lattes, assis, pendant que je buvais un café chaud  dans la fraîcheur de l'aurore. 

Sa peau bronzée, au bord de la rivière, sublimée dans sa robe chasuble noire, s'agenouillant telle l'Immaculée Conception, ses mains en corolle, se débarbouillant le visage.

Toutes ces images de nuit avalées pour toucher au fil des saisons la seiche au vent.

lundi 17 octobre 2022

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