mercredi 8 avril 2020

recette du chou rouge



Ingrédients :

- Quelques morceaux de poitrine fraîche coupée en morceaux.

- échalotes, ail, persil et bouquet garni.

- vin rouge, une pomme.


Faire revenir et dorer la poitrine, ajouter les échalotes et l'ail, puis une cuillère de farine et la pomme en petits morceaux (très important pour l'acidité).

Mettre le chou rouge coupé en fines lamelles et verser un peu de vinaigre blanc (un filet) et recouvrir moitié vin rouge, moitié eau, sel, poivre et le bouquet garni.

Laissez cuire une bonne heure environ, au fur et à mesure, goûter la cuisson, au besoin enlever un peu de liquide.

Comme tous ces plats, Plus il est réchauffé meilleur c'est.
On peut accompagner ce plat de pommes de terre vapeur.
Le chou rouge doit être fondant et non croquant, ne pas hésiter à recuire doucement si besoin est.

Comme accord, une bière Belge blonde, ou alors une pelforth ambrée, rousse même brune selon les goûts?



Je me demande quelle bière choisir ?








On peut se référer au slogan publicitaire " Pelforth




  • 1 - Oser la blonde
  • 2 - Etre charmé par une ambrée 
  • 3 - Apprécier l'éclat d’une rousse
  • 4 - Eclaircir le mystère de la brune :

Sans hésitation, avec ce plat toutes les bières sont délicieuses, elles ont chacune leur saveur, un petit faible pour "éclaircir le mystère de la brune" C'est tellement poétique... Avec cet accompagnement toutes les couleurs passent,

mercredi 12 février 2020

Yakoutie


Résultat de recherche d'images pour "photos d'hiver yakouties"

C'est une frontière boréale qui sépare l'invisible du néant. Où les derniers mélèzes frissonnent avec un vent aux manteaux de loup. Une terre de trappeurs, sauvage, repue aux pelleteries de l'hiver.
Ce vent-là tanne les conifères avec un racloir d'os qui dépouille les âmes. On sent presque l'éternité mordre l'ombre oblique des grands pins dont les aiguilles font briller le ciel d'une luisance résineuse. Déjà la pleine lune éclaire le bois d'œuvre de toute cette forêt glacée. Des baliveaux énormes, jetés dans les congères qui, à hauteur des cimes, semblent monter les étoiles à l'échafaud. Car les remuements sont la colère du bourreau: un crépuscule cagoulé dans le permafrost et les tempêtes ouraliennes. Bajanaj, l'esprit pourvoyeur de gibiers. L'homme a rempli de graisse la bouche de totem pour éviter l'errance et nourrir son âme défunte. Mais tout ce qui houle à la mort ressemble ici aux pires solitudes. Il garde les yeux ouverts sous une chapka. Rien n'indique dans ses prunelles la limite qui couture le silence à l'oubli. Sinon le mégis des bâches tendus vers l'horizon  où scintille encore l'œil jaune d'une lampe fumeuse. Et surtout, la silhouette vivante des chiens dont les buées sonores se gangrènent au gel mobile. Devant les patins croûtés de cuir brut, foulés de neige et de nerfs, la meute reste blottie à vêtir l'hiver, guidant l'attelage vers l'au-delà et ses arpents de steppe inconnue.
De loin, l'ombre s'épaissit. Une peau ensanglantée déroule au-dessus des sapinières une fourrure presque aussi noire que la nuit. Sans les flocons minuscules que le ciel avale dans sa tourbe, on peut croire que les arbres se fondent en squelettes jusqu'aux tréfonds de la taïga. Après l'éclat de la neige sur les ridelles du traîneau, la charpente de l'hiver découvrant la ligne des trappes, s'invite à la construction d'une clarté qui monte lentement du sol. Dans ces couloirs aux lueurs fugaces, pareils aux trous de lumière que l'on entrevoit dans l'embâcle des rivières gelées, l'attelage semble figé, comme si le temps, soudain gangué de glace, immobilise sa course folle.
Ici les diables commercent avec la Terre. Depuis des temps immémoriaux, ils tentent en vain de lui dévorer le ventre.
L'homme a vécu suffisamment longtemps parmi les Evenks pour comprendre les lois chamanes des chasseurs morts. Ceux capables de quitter leur corps et d'aller visiter les territoires infinis de l'esprit. Et dans l'omoplate d'un renne passé au feu, il lui arrive parfois d'interpréter un mauvais présage. Les troubles du monde aux craquelures vernies. La douleur sous les crocs d'une esquille.
Sa barbe cristallise. Son masque anti-froid laisse apparaître la palanche des yeux. Un regard lourd qui penche sous le poids du rêve. Une main sur le timon, l'autre sur le cœur, il ne bouge pas.
Chasseur dans son royaume...

(texte Jonavin "les cœurs francs")

vendredi 24 janvier 2020

Gerberoy

C’était une bonne idée, Gerberoy,
L'Oise normande, avec ces maisons en torchis alternées de briques rouges,  je voyais Maud encore plus belle, dans les ruelles en pavés mordues par le lierre.
Dans les lumières transparentes, son visage caressant les roses trémières.
 " J'me disais, une femme, ce n'est pas si compliqué que ça"!
Il faut peu de choses pour les rendre heureuse.
Sur la butte, assis sur le banc,
Elle s’était nichée au creux de mon épaule.
Devant le panorama, comment ne pouvais-je apercevoir derrière cette nature souriante? Une bohême réceptive qui cueillait l'instant,
Je n'étais pas étonné qu'elle éprouvât le désir de s'allonger sur l'herbe.
C’est un geste naturel, dès que la vie bourdonne, on a ce besoin vital d’être en communion avec les éléments.
Je pensais que ça allait durer 2 plombes!
Zut ! Le meilleur resto du quai François 1er va encore me passer sous le nez !
Adieu " Le Tréport , fruits de mer,  muscadet et nougat glacé.
Je vais encore me taper un kebab."
Quand j'y pense, j'exagère !
Dans un décor bucolique, j'entendais son petit cœur battre.
N’y a pas à dire, quand vous avez la nuque calée dans les seins d'une femme. Ça cadenasse vos angoisses. C’est comme un soleil en cloche puis vous fermez doucement les yeux. Vous sentez la ruche bourdonnante comme un emplâtre vivifiant vos raideurs cervicales.
Je revois la bordure de la jetée de Mers Les Bains, dos à dos comme des ados, où nous nous languissions de nos sandwiches américains.
Deux corps collés,
Opposés, le temps d'aimer
Oui, il n’y a que les femmes qui ont ce pouvoir de nous faire glisser les nuages…le temps de monter en haut de la falaise,
Comment ne pas oublier le bruissement du vent,
De nos tignasses peignées à la diable,
De nos lèvres noires
La mer était belle.

dimanche 29 décembre 2019

mercredi 4 décembre 2019

Le train de mes mains

J'ai pris le train de mes mains. Quand la nuit déraille, elles m'accompagnent sans crier gare.Sais-tu que les mains sont les traverses qui mènent aux adieux? D'un train qui ne revient jamais, elles emportent, infidèles, les coups de butoir.
Celui-là connaît son départ. L'étroit vallon d'une joue rebondie,- l'arrête d'un nez, toutes ces montagnes qui font les pommettes saillantes et les ponts du regard, infranchissables. Dans un wagon-lit aux doigts de rose, mes ongles te démaquillent. Comme une empreinte délicate, un voyage immobile ou je m'accroche désespérément. Convoi détourné, il a passé les roches sourcilleuses. La fonte du rimmel. Un temps chagrin et boudeur sur ton visage à peine endormi. Personne n'est venu m'attendre sur le quai. J'ai regardé mourir le halo des abats-jour.Un ciel plafonné, comptant les heures, en vain...
Ce train-là n'arrivera jamais à destination.Trop de courbes et de dénivelé dans la monotonie passagère.Trop d'incertitudes sous l'éclair noir des paupières.Une jonque s'éloigne à chaque battement de cils. C'est un voilier aux lattes cousues,  un store de bambou où plus rien ne filtre. Pas même la mousson quand j'apprenais là-bas à deviner tes ombres chinoises.Le train s'y attarde mais sans la folie d'autrefois. Paysage choisi ,il manque désormais la magie du premier regard. Les arcades feintes au crayon et surplombant les yeux, la ligne d'un long tunnel incurvé.
A travers la vitre, passaient là des mascaras aux reflets moirés. Des lueurs malicieuses dans la prunelle gris-bleu de l'aube. Sous le fard ,des soleils enfumés d'eau et de cendre. Ce matin,  rien. Juste un froid qui balaie l'oreiller. Je n'ai que moi à vivre. Dans des haltes d'haleine, une solitude cahotante, un compartiment réservé. Fini les manches pagodes où j'allais rejoindre un coin d'épaule .L'express à bout de bras .Et pomme ouverte, l'aiguillage à trois voies autour de tes maigres poignets ronds.
C'était le temps où nos mains se croisaient.Celui des fourgons de tête quand les valises sous les yeux, nous partions sans bagages. Celui des soleils à points fermés. De cette vie voyageuse, il reste une voiture couchette.
Mes mains en train...

(texte Jonavin)

mardi 19 novembre 2019

Les Galantes

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Au 19ème siècle, les femmes qui ont la chance d'être nées sous une bonne étoile fréquentent les bains de mer Cabourg, Deauville, la Baie de Somme, Le Touquet Paris-plage, Arcachon, Biarritz. Et j'en passe.
Chaque jour d'été, les rayons de soleil passent à  travers les bow-windows et la vie balnéaire respire le vent iodé sur la côte normande, picarde, d'opale de ci et là.
A partir de 1850 le réseau ferroviaire se développe à grande vitesse.
En 1860, la ville d'Angers n'est déjà plus le terminus.
Dans un village du Morbihan,  au lavoir, une paysanne papote sous les airs effarés de visages bronzés, eh oui dimanche dernier, sa cousine Marie à vu ses maîtres manger des cailloux en parlant d'huîtres,
Léonie,  à la peau de lait, blonde aux traits fins,  la robe corsetée. Chignon bien remonté dans la fraîcheur de ses vingts ans laissant apparaître quelques grains de beauté sur sa poitrine dont les mains gantées s'amusent à faire tourner l'ombrelle sur le quai d' Austerlitz, en attendant son amoureux.
Il faut beaucoup de temps pour être élégante,
Vincent Van Gogh n'a pas encore peint un champs de blé à Auvers sur Oise, au Borinage en Belgique, lit quelques textes de la bible parfois Dickens chez les pauvres gens. Sa peinture n'a pas encore la couleur mais son regard devant une famille de mangeurs de pommes de terre révèle l'émotion d'une jeune paysanne aux doigts crochus que déjà veloute le paysage..

dimanche 17 novembre 2019

3ème et 4ème partie un nombre parfait

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J'ai égaré le passage concernant l'escalier de Chartres pour la 3ème partie. Désolé, impossible de retrouver le fichier.
.../...
Vous sera craché autant de fois qu’il apparaît dans notre bible. Céleste, comme la béatitude, les anges. Comme ces corps, qui bientôt pourriront derrière un talus ou une porte cochère.
Céleste comme discipline et le nombre 13, au rang des chiffres maudits. Mais vous n’en savez rien, mon père. Vous, vous marchez en me parlant des étoiles, du pardon des hommes, d’une justice à l’encan du péché des fidèles qui vous suivent aveuglément
Hector Gaillac n’expiera pas du péché de gourmandise. Avant que je ne le rencontre, il doit fêter ses noces de tourmaline en avril prochain. C’est un boucher gras et adipeux, féru de viande bisonne qu’il bonimente parfois sur un marché couvert d’Issoudun. Je le tuerai avec une fourchette de maillechort planté dans la gorge. A vendre ses côtelettes, ce bon vivant dépeceur, touche au sacré.
Tout comme Amandine Creusot d’ailleurs, étudiante en histoire que j’étranglerai en récitant les Djinns de Victor Hugo. Elle aussi touche au sacré. Je l’ai rencontré lors du rassemblement des jeunesses chrétiennes à la gloire du pape. Froidement, je l’écoute me parler de son travail sur les tombes miniatures, sculptées dans la pierre de la Grande Pyramide. Sur le règne d’Osiris ou celui de Jéhu à Samarie en Israël. Comme une litanie où les chiffres résonnent dans un reliquat d’histoire déjà oublié.
Ce qui est mystère doit rester mystère.
Mieux que le crime, mon père, j’ai trouvé un nombre parfait…

(texte jonavin)

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