mercredi 25 décembre 2024

Jeudi 9





Bien sûr que je déteste l'autoroute, parfois la notion du temps donne un relief particulier pour comprendre certaines choses.

En  effet, depuis des semaines, je réfléchissais à ma destinée amoureuse.

la route était encore plus belle en hiver quand le soleil pâle de décembre transperce la cime des arbres. D'une nature, où les nuances en fin d'après midi, éclairent la conscience.

Indifféremment où l'imaginaire mélange providence avec attraction amoureuse.

Dans le grimoire de mes pensées, j'avais noté le jeudi 9, un seul par semestre, j'étais sûr et certain que ce serait le jour invisible mais il fallait abandonner cette chance divine réservée en ultime recours aux sorciers.

Au Cultura du coin, la veille, j'avais acheté une carte de France.
 Histoire de suivre le cours d'eau vibratoire pour colporter les intuitions. Et l'itinéraire du cœur, je l'avais étudié. 
Je quittais l'affluent pour le fleuve.
Après avoir traversé le pont de Blois, quelle veine ! Je retrouvais ma carte de téléphone glissée sous le siège passager. 

A 19h15  à ma montre, je me dirigeais en direction d'Amboise.

  Sur la berge de Montlouis, en plein crépuscule, je regardais le réveil de la dormeuse dans la seiche au vent.
J'avais tout prévu, le café thermos et cette fois ci je ne voyais pas simplement une femme se débarbouiller le visage, les mains en corolle telle la première fois mais le bonheur de retrouver celle que j'aimais.

mercredi 18 décembre 2024

Pomerol


La commune de Pomerol touche St-Emilion et Fronsac.

C'est une appellation communale + une partie de terre sur Libourne.
Le Pomerol en quelques mots, c'est une synthèse de 3 vins.
Des médoc, il a la finesse et le bouquet.
La charpente des St-Emilion et la rondeur des Bourgogne.
C'est un vin qui a un goût profond tirant nettement sur la truffe.
Même dans les mauvaises conditions climatiques, les pomerol sont les vins les moins sensibles du Bordelais concernant le millésime.
Le merlot est le cépage dominant.
Le Pomerol excelle dans des accords tel que le Tournedos Rossini sauce Périgueux,
On les dégustera aussi avec les volailles rôties et bien sûr avec la lamproie à la bordelaise (un plat que je n'ai jamais essayé tout comme une matelote d'anguille fricassée, la vue de ce poisson me donne des frissons).
La conservation moyenne du vin est de 10 ans et plus.
Température de dégustation : 16° - 17°

dimanche 8 décembre 2024

Entre les tombes (Jil Caplan)


 


Mes beaux jours à Laval se déroulaient comme à l'accoutumée. Je profitais de la pause midi pour me balader sur la zone d'activité commerciale.
A la sortie, une enseigne " Réauté " attirait pour la première fois mon attention. En entrant, des effluves doux apaisaient mon esprit. Au centre des îlots de gourmandises dont un îlot de récipients vides, variés pour confectionner soi même son panier cadeau avec des exemples. Je trouvais l'idée originale.

Sur les étagères murales, des petits sachets transparents confectionnés de petits rectangles chocolats plats dont je découvrais les noms de carrés feuilletés, carats, mayottes, pralinés amande dans une collection ligne blanche, noire ou chocolat au lait.

A la dégustation, ce feuilleté croustillant associé au praliné et crème caramel enchantait mon palais. Exquis! Ca me changeait des différentes marques ballotins aux chocolats fourrés.

Depuis l'après midi, une quinzaine de sachets squattaient dans mon coffre de voiture. Après mon intervention de conseiller en vins, je prenais la route du soir en direction d'Angers.

Sur le retour, en écoutant la radio, retentissaient dans la pénombre d'Halloween. Les paroles de Jil Caplan,

 "là où je te retrouve c'est pour l'éternité, là où je te retrouve c'est pour ne plus te quitter.

A l'amour, la réponse sera toujours l'amour comme une porte qu'on enfonce, un fleuve qui suit son cours ".

Cette chanson m'imprégnait à travers les villages aux murs de tuffeau où les citrouilles de Mayenne illuminées sur les rebords de fenêtre reflétaient une impression bizarre et féerique.

vendredi 6 décembre 2024

L'Eclat

Aujourd'hui, 

Souvent dans l'absence, je devine ses apparitions.
Elle avait ce côté minéral en attaque de bouche,
Teintée par la nouvelle saison, en pleine période de la Saint Jacques.
La baie figée de St-Brieuc serait exquise pour une bouche vierge.
Escarpins, capeline, mini robe la mode tartan.
Un beau sauvignon travaillé sur un versant exposé au soleil, livrant ses notes d’agrumes.
Elle avait le sens musical Sophie, le nez sensible, les lèvres gourmandes.
La tonalité chèvrefeuille, ça l’amusait beaucoup mes touches de miel et fleur d’acacia.
La complexité aromatique, les notes sur une escalade de fleurs blanches, parfois de coings, abricots et cire d'abeille.
J’avais bien essayé dans le vif du regard, les saveurs empyreumatiques. Tout ce qui se lie au feu. Histoire de la voir s'évanouir en fumée. Mais elle était restée aussi sec que le sauvignon pierre à fusil, l'arôme citronné pour la chair, certes mais idéal pour le homard.
Peu à peu,
Je m’étais enfoncé comme un bouchon où l’inox perd son éclat.
Bien que j’étais revenu avec la notion de champagne, mélange de première brioche et pain grillé.
Un arôme torréfié comme un compte-gouttes mêlant sur le moment, 
L'émotion.
L'instant,
Quelques bulles fines,
Belle profondeur, 
L'intensité, 
Ni le perlage d'une grande finesse ni mes idées affinées en cave n'avaient laissé entrevoir sur ses lèvres mûrir sur lies une mousse caressante.
Je m’étais donc résigné à l'attente, où la carpe méfiante, se nourrit. Ce goût vaseux encore dans ma bouche, où j’avais pourtant senti dès la première approche, la tourbe fraîche.
De peur d'effrayer le poisson,
Je revoyais la belle bourgeoise, chignon haut serré avec ce sourire narquois, disparaître de mon flotteur
...

lundi 2 décembre 2024

Le tournedos Rossini



Élaborer une sauce Périgueux, autrefois dans les grandes brigades traditionnelles le saucier qui était le chef de partie avait le travail le plus délicat mais aujourd'hui y 'a t il encore des professionnels dignes de ce nom qui réalisent l'authentique sauce Périgueux comme autrefois?
Si je me penche sur le net c'est un fond brun qui mijote au coin du feu la veille avec un plat de côtes, les pièces juteuses de bœuf, os de veau, poireaux, raves, carottes, 3 clous de girofle le tout refroidi puis dégraissé, faire blondir des échalottes, on ajoute un peu de farine et on complète ce roux avec le consommé. On poivre, on sale. On mélange la sauce qui doit devenir lisse. Après une ébullition de 10 minutes, on ajoute un verre de bergerac blanc sec, au dernier moment une truffe coupée en rondelles et voilà la véritable sauce périgueux.
Chacun se débrouillera pour réussir au moins un faux semblant comme sur la photo.
Bon c'est parti.
On toaste le pain de mie. Si vous disposez d'un emporte pièce pour cercler au préalable un diamètre identique au tournedos, c'est good.
Saisir la pièce de bœuf dans une poêle chaude 3 minutes de chaque côté, en arrosant bien avec le beurre fondu. Bien entendu la viande sortie au moins 30 minutes du réfrigérateur afin d'éviter un choc thermique.
Enlever la barde et colorer les côtés.
Ensuite préparez le foie gras cru légèrement fariné, sel poivre, déglacez avec un verre de madère, d'autres utilisent le foie gras mi cuit en médaillon mais je préfère le foie gras cru pour la cuisson et le goût.
Dressage.
On dépose le tournedos sur la tranche de pain de mie. (le filet de bœuf doit refroidir autant qu'il a cuit en le gardant au chaud pendant le reste du montage).
Lamelles de truffes déposées délicatement sur le dessus du médaillon de foie gras.
Une pincée de fleur de sel + persil pour la touche finale du sommet.
Accompagnement pommes de terre grenaille, écrasé de pommes de terre ou vapeur tout simplement.
Je préconise,
Un Saint-Emilion grand cru cht Virginie de Valandraud millésime (2016 - 2017) ou un Moulis cht Brillette (2015 -2016) 
Des gestes rotatifs doux pour bien aérer le vin si vous disposez des verres forme tulipe. L'accord de ce St Emilion ou Haut Médoc est somptueux...
Pour la décoration de la table, je fais confiance à la sensibilité de la maîtresse de maison.

vendredi 29 novembre 2024

Quelques vins pour les fêtes de fin d'année

 MUSCADET de Sèvre et Maine sur Lie:  C'est fin, frais et léger. Température 7- 8°. Evitez des millésimes supérieurs à 2 ans.

Exquis avec une assiette de saumon fumé, un reste de poisson. En guise d'apéritif, beurre salé breton accompagné de crevettes grises, fantastique avec une andouille de Guéméné.  « C’est bon, pas cher » Et puis le vin qui titille le bout de la langue avec les arômes citronnés en bouche, j'adore ça!

J'avais oublié le Gros-Plant, curieusement, si vous avez devant vous un grand plat de fruits de mer reposant sur un lit d'algues. C'est l'atlantique sur votre table! Avec l'odeur de la houle si particulières aux côtes de cette région sauvage, alors vous trouverez la dureté du Gros-plant qui fait pleurer les yeux accompagne étonnamment les huîtres, les coques, le crabe et le reste. On peut trouver un bon Gros Plant ente 5 et 7 euros
Les aristos se pencheront sur du Chassagne Montrachet, Puligny Montrachet, St Aubin, Meursault et cie ou un Pessac Léognan prestigieux oui, je comprends à Noël faut oser pour le Gros plant.

POUILLY-FUME :  idem pour l’achat des millésimes, la période de la St-jacques,  des noix de St Jacques Poêlés servies avec un fondu de poireaux, l’accord est d'une grande finesse. La minéralité de ce vin est exceptionnel.
Le bouquet de fleurs blanches parfume et les notes végétales apaisent l'esprit. (Ce parfum "Fumé" comme les Graves ci-dessous)
Aussi, c'est une invitation avec des fromages à pâte dure de chèvre ou frais avec du bon pain au levain.

GRAVES du Sud rouge : Millésime à point 4 ans, sensationnel avec un poulet rôti froid le dimanche soir, se marie très bien avec les volailles, moins cher et moins structuré en bouche que le Pessac-Léognan, cependant plus fruité, ce vin s'ouvre plus vite en maturité. Néanmoins, j'aime les saveurs empyreumatiques et je préfère de loin le Pessac-Léognan (termes qui désignent un vin exprimant des notes fumées comme un frottement de silex, pour être clair tout ce qui se lie au feu) ce goût de terroir bordelais si caractéristique se marie si bien avec un éventail de magret de canard, une pintade rôtie, un pigeonneau désossé, pour faire simple délicieux avec tous les mets à chair blanche.

COTEAUX du LYONNAIS rouge : (extra avec un hachis parmentier, une ballotine de volaille, la charcuterie de votre terroir)
Pour ce vin, il faut choisir un millésime récent pour garder le fruit en bouche. Le gamay ne se conserve pas, de plus si vous aimez le style bonbon anglais pour le côté acidulé, il peut remplacer le Beaujolais.
Agréable d'avoir les saveurs de fruits rouges qui voyagent en bouche avec une souplesse, une rondeur qui s'harmonise.
Une idée gourmandise? Pourquoi pas! Tentez l'escalope de veau à la milanaise sans oublier un quart de citron sur le coin de l'assiette.
Température de dégustation :  12-13°

COLLIOURE  rosé :  (50% syrah - 50% grenache noir) C’est le vin des amoureux ou celui des peintres qui séjournaient au début du siècle sur la perle de la côte vermeille.
Le petit port de Collioure avec ses ruelles teintées d'ocre, de rose dont la lumière reflète Henri Matisse s'il n'avait pas chevauché sur le sillet d'un ciel fougueux.
Les vignes en terrasses étagées offrent un spectacle époustouflant pour le visiteur sur la route sinueuse, le regard plongé dans le vertige de la mer bleue. C'est déjà un avant goût d'Espagne.
Dès les premières gorgées, les épices se font crescendo, ça chauffe doucement la bouche...C'est extra avec un couscous, une paëlla ou des recettes asiatiques, la longueur est accentuée par la syrah qui apporte les notes poivrées, le grenache contrebalance l'équilibre avec le cassis, framboise, groseille, tous ces arômes amplifient le palais, s'intensifient pour finalement s'écraser légèrement sous la langue. Ca titille bien l'esprit,
Je pense également à des recettes comme des gambas flambées au cognac, des rougets à la provençale. (des trucs de ce genre)

SAINT NICOLAS de BOURGUEIL :  vin framboisé,
De préférence, je choisis comme repère la commune de Restigné sur l’étiquette, (c'est mon coup d'oeil pour le terroir). Attendre 3 ou 4 ans pour que l’acidité s’estompe, on ne les conserve pas plus de 6 à 8 ans. Que l'on déguste à une température de 14°.
 Hum...hum  par exemple - Lapin en gibelotte.
Dans les marmites tourangelles, c'est souvent une recette qui mijote au coin du feu.
Autrefois, les paysans en famille le dimanche se régalaient avec une gélinotte grillée

SAUMUR CHAMPIGNY : C'est un vin à la robe rubis, un nez profond de violette et au goût également framboisé mais plus porté sur la cerise par rapport au St-Nicolas.
Dégustation 14° avec un porc à la boulangère, ou un poulet à la Clamart.(Ne me demandez pas ce que veut dire "à la Clamart")
Ou bien, si vous connaissez la levée de la Loire, c'est à dire la route touristique entre Angers et Saumur sur une des rives vous trouverez un restaurant dans un caveau troglodytique
, le bonheur de déguster les fameuses fouées ou galipettes (ce nom vous dit peut-être quelque chose.;-)
Eclairés à la bougie, vos visages parfumés par les senteurs du tuffeau, 
Ce vin fruité, gouleyant, Si c'est pas le bonheur ça.
Je n'ai pas parlé des vins du Sud Ouest, des Côtes du Rhône, les rosés de Provence, de la Corse sans oublier le champagne et l'Alsace autrement on y passerait la nuit.

dimanche 10 novembre 2024

Le marché nocturne

 


Je déambulais sur la plage après le marché nocturne.

Ce dimanche soir, la Charente maritime avait un goût dont le ciel reflétait 

ses écorces de fruits mûrs.

Dans le silence du ressac, j'entendais le cliquetis des nombreux bracelets fins.

Stupéfait, la première fois. 

Perdu, comme ce voyageur autour d'une verdine éclairée de lune.

Je n'avais jamais vu une silhouette s'énivrer, tapant du pied nu le feu de son corps.

Mon Dieu qu’elle était Belle! 

J’avais l’impression de boire une terre cognac aux arômes floraux.

La jupe ample virevoltant la danse du désir avec la beauté du diable

serpentant dans mon esprit éméché. 

Envoûté l'espace d'un instant,

Sa main sur la hanche, les notes brûlantes passant de l'autre main, le tambourin aux gestes gracieux comme au temps d'Esmeralda.

Sans rien savoir de sa migration lointaine.

En marchant sur la passerelle, résonnaient encore les syllabes hurlées.

mercredi 30 octobre 2024

Pensées amoureuses


 


A 21 ans, j'avais déjà fait le tour de la gent féminine.

A 33 ans, je roulais le cœur léger, l'amour me fascinait à travers le pare brise.

Les formes naturelles du paysage égayaient mes pensées.

Je voyais l'amour comme la providence. Aimer me donnait en quelque sorte un instinct de voyance. Pourquoi elle et pas une autre? La question m'intriguait en poursuivant la route.

lundi 7 octobre 2024

Forget me nots

 



Après le "forget me nots" qui résonnait dans l'habitacle avec pour témoin les maisons à colombages de Vannes, la cité bretonne scintillait dans la nuit. A 21 ans, j'avais déjà fait le tour de la gent féminine. Je savais que le bonheur c'était trop d'attente. Je savourais les crêperies, le corps des femmes. J'assumais ma séduction, ma masculinité, je ne perdais pas de temps.

Le pub me donnait une impression de confort en attendant mes collègues qui sortaient de la caserne...

 

mercredi 2 octobre 2024

Le vent



Le vent souffle

Sur les bouches d’égout
Papiers, feuilles éparses
Rase
Gifle, gémit
Un lundi de novembre
Je vole ta silhouette
Sentiments profonds
La pluie mouille mon visage
Un instant
Mon esprit dégouline
zigzague
En rayon de lune
ton corps d'existence

vendredi 20 septembre 2024

La lande




 Depuis ce matin, j'arpente la lande. Même si je devine la couleur automnale. Je suis sûr que ton ombrelle n'a pas encore quitté le port ni l'expression figée du premier rendez-vous.

Pas la peine de se torturer la frange pour comprendre ça. Tout à l'heure, il y avait la raison, les fleurs sauvages, ton parfum brûlant sur la ligne d'horizon.
Ces pensées qui s'entrechoquent et celles qui se brisent pour disparaître sur le contour d'une bretagne semblable aux monts d’Arrée.
Dois-je encore m'émerveiller comme un sentiment ancien? Là, où les senteurs marines se couchent quand les algues respirent ici la nuit? Pourtant le vol en rase-motte des mouettes dans le ciel nuageux semble m'échapper de nouveau. Comme le faisceau à l'immunité acquise me donne l'impression que les semailles à venir existent encore.
Sur l'estran, je n'aurai jamais dû cueillir tes baisers. Au milieu de nulle part, il me reste la semeuse à tout vent, celle qu'on emporte à ciel ouvert. 
Les rêves incultes par delà les champs, éclate en silence ta robe à soleil dont la lumière retrouve les beaux jours. 
Avant que la pénombre ne ratisse la campagne.
Je sais que tu reviendras, parfois dès les premières lueurs, dans cette vague d'humeur froid, tu m'attends, grelottante.
Radieuse, tu te penches à peine. Habillée de jaune sous les méduses d'un parapluie ouvert.
Comme l'annonce d'une saison nouvelle, tu fais éclore mon cœur..

jeudi 12 septembre 2024

Les Pouetes


 

LES POUETES


C'est grand un mot en poésie

Ca va au-delà des désirs

La poésie c'est p'être Bowie

Un peu trop beau, indésirable

Un p'tit décor déjà en soi

Un pas grand chose que l'on aime pas.


Ne crois-tu pas j'exagère?

J'vois bien un titre pour littéraire

La poésie est-elle sexy?


On n'la lit plus mon cher ami

Manquerait-elle de sex-appeal

Ses formes sont droites un peu rigides

Faudrait pouvoir les arrondir


Tu affabules ma belle enfant

Fidèle à tes habitudes

Tu penses trop sec et tu dérives

Dans tes méandres de rectitude


J'comprends pas bien ce que tu livres

J'oublie avant que tu ne dises

J'attends seulement une émotion

La poésie c'est un glaçon


Je vais m'fâcher tu m'exaspères

Aussi frivole qu'un papillon

Tes formules à l'emporte-pièce

Sont aussi plates que tes nichons


T'es qu'un sale con un peu vulgaire

T'as rien compris à mes dictons

Je m'en vais courir après l'air

J'emmène Baudelaire ou bien Villon

Sylvie Bourgoin (Vie de Ville Poésies et photographies 1991 - 1992)


mercredi 21 août 2024

La gitane



J'entrais dans le vestibule,

Ses nombreux bracelets fins, quatre sur le gauche, trois sur l'autre poignet m'intriguait.
Ce rouge carmin auréolé de mystère comme les variations de la voûte céleste.
En ouvrant le frigo, pendant qu'elle me posait la question "Si j'aimais le tavel"? Mon corps résonnait sous le cliquetis des bijoux.
Avant de lui dérober ses épices chaudes de sa terre cognac, je pensais à ce premier instant.
Quand le vent du nord s'enroule d'un soir d'été.


lundi 15 juillet 2024

Bleu pour le ciel à contre courant




Allongé sur le dos

yeux mi-clos

Hier, j'aimais

La douceur de tes doigts

Oscillant dans la seiche au vent
Chapeau de paille entouré d'un ruban
Flotte
L’insouciance
J’aime tout en toi
Quand tu sèmes à tout vent
Là, où ton ombre butine
Et caresse les peaux blanches
Libellule pour la tourbe légère
Bleu pour le ciel à contre courant
Libellule pour la couleur des mouvements
Bleu pour la romance du ciel

dimanche 23 juin 2024

Balade d'été




 Les couleurs étaient belles. La route droite,

Sous le soleil de juillet, je ne pouvais rien faire si ce n'est comprendre un peu le processus de la vie.
Avec infiniment de douceur, réchauffé par la lumière du jour, je voyais toujours ma destinée amoureuse s’enivrer de miel et de fleurs blanches à travers le pare brise.
La petite place de Marçon était calme avec ses murs de tuffeau reflétant une atmosphère dont je retrouvais le goût d'enfance de ma grand mère. Tout proche, l'église de la Sainte Vierge vêtue de son clocher tors. Moment idéal pour casser la croûte au soleil.
Assis sur le banc, je redécouvrais les platanes, peut être les tilleuls que sais-je? Où jadis, j'avais croqué un silence de novembre.
Comme l’endroit s’y prêtait, j’imaginais ...

dimanche 5 mai 2024

Les Johnnies

 




Les journées étaient longues, il ne fallait pas oublier les gourdes d’eau pour s’asperger le cou et le visage.

La compagnie Ar Pen polis comptait 50 vendeurs d’oignons.

Les uns spécialisés comme botteleurs restaient en base à Southampton et les autres marchands colportaient l’oignon rose à travers tout le pays où les ménagères anglaises appelaient communément  « Johnnie » du fait de leur petite taille parce qu’ils étaient souvent accompagnés de leurs jeunes enfants.

Ces aventuriers quittant le port de Roscoff depuis 1828 sous les embrassades humides à travers les filins, laissant les jeunes mères paysannes tristes. Ces marins impuissants voyant peu à peu s'effacer sur le quai des charrettes à bras derrière la ligne d’horizon.
La séparation durait six longs mois.

Ces johnnies, au fil des décennies, découvrant toute l’Angleterre. Peut-être le plus intrépide, Le Guénidec, cinquième génération qui arpentait tout le Comté de Sussex, de ferme en ferme, chaque saison.
C’était sa 22ème traversée sans interruption. En l’an 1927, ce 14 juillet, son fils Augustin âgé de 10 ans, l'accompagnait pour la première fois.
Le père se remémorant marchant au même âge avec son père. Depuis de longues années, un bâton sur le bâti des épaules avait fait de lui à présent un gaillard.
Ils étaient originaires de Tréguier, bourg assez éloigné du pourtour de Roscoff.
Le Guénidec, trente deux ans, béret bien enfoncé, sillonnant la campagne anglaise à bicyclette dont des tresses d'oignons roses dégringolaient du guidon jusqu'au garde de boue.
Ces vélos ressemblaient davantage à une chenille se faufilant au milieu des prairies vertes. 
Il n'était pas rare d'apercevoir, 
Bordée, par la belle côte sud de l’Angleterre, la craie blanche diffusant une lumière douce. 
Tout en haut de la falaise, les vélos et les bérets éparpillés à côté des fleurs sauvages.

Les Guénidec regardant l’océan, du moins la mer.

Libres, comme le vent.

Le père proche de son enfant. Enlacés dans les blés. Bercés de tendresse dans les couleurs cuivrées d’oignons.
Le vent léger du nord parfumant les cheveux sous un ciel étoilé sous les yeux émerveillés de Marie de l'autre côté de la Manche. La paimpolaise n'ayant pas sommeil, veillant sur la mèche emboutie. 

La providence mordre un moignon d’aube posée sur la margelle. 
Quelques portions de nuit comme une dernière lueur se déposant sur la côte granit rose avant qu’Augustin et son amoureux, ne referment de l’autre côté les paupières…

mardi 2 avril 2024

Le pont de Blois

 



Pourquoi, je ne passerai plus à Amboise ni Montlouis?

Voilà ce que je me raconte sur la rive droite de la Loire après avoir traversé le pont de Blois.
On aime toujours à l'imparfait, peut-être les choses semblent plus claires, sans doute faciles à comprendre.

Pourtant, 
J'aimerai tellement revoir la berge de ce parking où je savourais le café chaud en écoutant le chant matinal des oiseaux.
Avant que je connaisse Amboise la bourgeoise,
Immobile sur le banc.
Je regardais le réveil de l'aurore dans la seiche au vent qui m'empêchait d'avoir peur.
Une belle nature, spirituelle colportant les choses invisibles.
Comme la magie de l'espérance frisottant l'esprit.
Dans le silence.
Je la voyais se débarbouiller le visage, les mains en corolle.
Telle la première fois.

jeudi 25 janvier 2024

La Dame de Monsoreau




 

iL y a toujours ce bouquin de la « Dame de Monsoreau » sur mon lit. Et je n’aime pas lire.

S’il y avait une fête populaire au Puy Notre Dame, au moins je t’emmènerai voir les fameuses galipettes, oui ces champignons de Paris qu'on cultive dans les galeries Saumuroises.
Ils sont énormes, ici, on les laisse pousser plus longtemps. Et puis un jour, la tête tombe pour se rouler. D'où le nom "galipette". Alors, on les ramasse. 
Lors des fêtes dominicales, en belle saison on les fait griller sur de grands barbecues, accompagnés d’un beurre d’escargots qu’on déguste avec des fouées.

Tu sais, ces petits pains cuits au feu de bois, garnis de rillettes, de mogettes, de fromage de chèvre ou de beurre salé.
Perdue, au milieu de ces grandes tablées aux fumées odorantes.
J’aime quand tes lèvres goûtent le vin framboisé. Dans l’instant, je te vois en robe légère t’allongeant au bord de l’eau. Tête rêveuse.
Le pont de Gennes, magnifié par une coulée de lumière où j’imagine, le premier rendez-vous. L'ombrelle habillée de noir ouverte comme un parapluie qui tourne comme une fleur agitée.

Attendant,   
Paupières mi-closes,
Depuis la chambre
, j’écoute la pluie…

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