dimanche 19 janvier 2025

Le bois de Cise




C’était une bohême réceptive qui cueillait l'instant, je n'étais pas étonné qu’elle éprouvât le désir de s'allonger sur le sable.

C’est un geste naturel, dès que la vie bourdonne, on a ce besoin vital d’être en communion avec les éléments naturels.
Bien qu’elle m’invitât à la rêverie, je pensais que ça allait durer 2 plombes!
Adieu "Homard bleu", adieu fruits de mer, adieu muscadet et nougat glacé.
Quand j'y pense, j'exagère !
Dans un décor bucolique, j'entendais battre son petit cœur comme un petit animal dont le rythme m'attendrissait. C'est vrai, quand vous avez la nuque calée dans les seins chauds. Comment dire, ça cadenasse vos angoisses. C’est comme un soleil en cloche puis vous fermez doucement les yeux. Vous sentez la ruche bourdonnante tel
 qu'un emplâtre vivifiant vos raideurs cervicales.
A Mers les Bains, sur la jetée, il y avait toujours la marchande de frites.
Je crois que je n'ai jamais pris autant de temps pour croquer un sandwich américain.
Assis sur la bordure face aux galets.
Il n’y a que les femmes qu'ont ce pouvoir de nous faire glisser les nuages.
D’un ciel dégrafé, au bois de Cise, les yeux ouverts, comment ne pas oublier le bruissement de sa robe.
Du bas de la falaise. Je voyais le monde tourner comme un cerf-volant.
De nos tignasses peignées à la diable, de nos lèvres noires,
De ces baisers mielleux comme un bateau qui se coule dans la ruche.
La mer était belle.

mercredi 15 janvier 2025

Escapade angevine

 


J'aurai bien mis une annonce,

Cherche accompagnatrice pour 3 jours,
Histoire de développer ma capacité d'expression sur les châteaux de la Loire.
Oh oui,
Une guide volubile m'accompagnant en voiture, un peu rêveuse dans les jardins de Villandry,
Enigmatique, le soir à la bougie, quand son visage s'éclaire dans la fraîcheur d'un caveau aux odeurs de tuffeau.
Quand je pense que je connais  "Les Galipettes" ces champignons de paris aux formes généreuses qui poussent longtemps dans les galeries souterraines saumuroises. Si énormes, qu'ils finissent de tomber par terre en se roulant d'où l'expression enfantine.
On les déguste en anjou lors des fêtes populaires,
Grillés sur des barbecues avec un beurre d'escargot, accompagnés de fouées, ces petits pains garnis cuits au feu de bois plus connu sous le nom de fouace, dans le sud.
Magnifiée par une coulée de lumière,
Sous le pont de Gennes.
Depuis ma chambre, paupières mi closes
J'aimerai voir entre les tables enfumées, ses lèvres toucher le vin framboisé, A la robe si légère, s'allongeant au bord de l'eau comme la Dame de Monsoreau.

lundi 13 janvier 2025

Pensées Ikéennes

 






Jeudi,
 
13h30.

Direction salle de bain.  « Vacances j’oublie tout »

Le temps de me regarder dans la glace. Un peu de cire sur les cheveux.

Juste le temps de choper ma carte Ikea, mes clefs de bagnole sur la commode.

Me voilà sur le périph, sensation fluide. 

Vitres ouvertes.

Vent léger sur l'asphalte. 
C'est le pied de conduire dans ces conditions.
S’il y en a qui aiment se balader en forêt de Saint Germain. Moi, j'adore glander chez Ikéa.
Après avoir garé ma bagnole à côté des berlines allemandes.
J'ai la démarche tranquille, rythmée comme la nette impression que le groupe « Elégance « m’accompagne dans ces longs couloirs de béton épurés.
Escalator ! Me voilà à hauteur des visages qui défilent dans la lumière vive.
Depuis le hall, de grandes affiches annoncent la nouvelle collection des fauteuils en cuir.
Depuis quelques minutes, j'entends une voix douce qui répond au portable.
Après plusieurs coup de fil, je sais déjà,
C’est une avocate à la cour qui part en audience, lundi à Soissons.
Qu’elle doit emmener Sacha pour la fête de la nature à la Frette sur Seine.
Il faut dire, j'm'ennuie comme un rat mort depuis mon divorce.
Je ne me suis pas encore retourné. Je sens déjà son parfum qui caresse mon esprit.
Au loin, je l’aperçois.
Légèrement penchée. Son cahier coincé sous le bras gauche. Je sais que c’est elle.
Je ne suis pas avocat mais je sais aussi prendre des notes.
C’est une rousse, menue, coupe carrée classique. Punaise! C’est mieux qu’un dépannage.
A quelques pas de moi, tournique sur la chaise rose, ouvre les tiroirs. On dirait une ado, elle est marrante.
Malgré mon oreille attentive, hi hi me suis trompé. Sacha est donc une fille.
Maintenant, voilà qu'elle se trémousse sur le matelas.  J'y crois pas la façon dont elle agite son corps comme un p'tit ver de terre. Joli son cardigan beige à manches longues, hum comme c'est mignon la dentelle incrustée sur les épaules. 
Vas-y cocotte, fais danser ton ventre, malgré sa ligne, elle doit approcher le 95C, c'est comme je les 
aime.
Organisée, concentrée, allez Simone! retourne moi les étiquettes sur toutes les coutures.
J'me demande ce qu'elle peut bien gribouiller. Suis sûr, ça doit être nickel chez elle.
Généralement, c’est à cet endroit où je les abandonne, direction la cafétéria. l’heure de mon petit thé gratos.
A 15 heures, génial ! Tous les employés des alentours sont repartis au bureau.
Les mamans du mercredi sont absentes. Enfin, je peux savourer mon thé bergamote sans entendre ces cris stridents qui perturbent mes idées quand j'ai la tête dans les nuages.
Nom de Dieu !
Voilà la Signora qui arrive à la caisse avec son plateau.
Whaou! Qu'elle est belle.
On se croirait dans un tournoiement réveillant mon imagination. C'est dingue! Y a bien longtemps que je n’ai pas dégusté une eau de vie si pure dans cette salle.
Quelle légèreté dans les mouvements ! Quelle grâce !
Putain ça recommence! Ma petite voix intérieure, ça faisait longtemps que je ne l’avais pas entendu.
C'est de la belle petite caille Lolo, comme tu les aime!
Il faut être difficile, je ne suis pas habitué à ce genre de gabarit.
T'as vu ces jambes,
Oui pourquoi ?

Je suis sûr, t'as maté sa poitrine quand elle s’est baissée pour ouvrir les tiroirs, t’as aimé ses tâches de rousseur sur le galbe de son buste. Hein coco! T'as vu ses gros seins.
Bien sûr que j’ai maté.
Qu’est-ce que t’attends, vas y ! 
Une, Je ne la connais pas, je ne vais quand même pas me prendre une veste. Mignonne, si charmante soit-elle. De plus, c'est une inconnue qui ne demande rien à personne.
J’te dis, qu’elle attend que ça !
C’est une mère de famille,
Et alors ?
C’est une maman qui profite d’une pause détente avant de faire ses achats pour sa fille. 
Allez, vas y. Si tu as un zeste de courage.
C’est une avocate, elle a le sens de la réparti.
Raison de plus, elle est toute seule, détendue, personne pour la juger !
J’te dis que les femmes aiment l’inconnu, l'inattendu.
Cueille là en plein vol,
Vas y lolo !

Non, j 'peux pas! C'est une maman.
Tu t’approches doucement en la regardant dans les yeux, tu lui dis que tu la mate depuis un quart d’heure, tu la trouve sensass, élégante, t'as envie de discuter avec elle. 
Ca s’appelle être proche de sa pensée.
Un vrai mec, c’est comme ça qu'il fait ! Qu’est-ce que tu crois ?

Non, mais ça ne va pas !
Y 'a pas une autre approche, comment dire, plus …

Mais non ! Si tu penses l’aborder dimanche, comme au temps des impressionnistes, mon gars ! Tu peux toujours aller te faire brosser pour avoir son numéro de portable.
T'as un jardin devant toi. Improvise. Innove !
Regarde,
Sa façon de caresser ses cheveux.

N'importe quoi ?
Ça, c’est un signe. Allume-moi ce brasero !
On dirait une gitane autour d’une verdine éclairée de lune.
Regarde ses nombreux bracelets fins sur son bras. 
Ecoute ce cliquetis. 
Je ne suis pas littéraire ni téméraire, sans déconner faut-il avoir tous ces points de détails pour aborder une femme?
Elle vient de lever la tête, 
C’est une fleur agitée. Allez ! Lolo, cueille là en plein cœur comme un jeune frelon, 
Perfore son imaginaire avec tes dards !
J'ose pas !
Tu vois, elle remue sans cesse le cou.
C’est le moment !

Oh doucement, faut que je respire.
Lève- toi,
Vas-y lolo !

Mais si elle me rambarde gentiment, j'reste planté en plein milieu comme un con , j'fais quoi ?
Ben quoi, t’auras essayé,
Dimanche à La Frette, J'te vois déjà faire les cent pas telle une roulotte brinquebalante éternuant la mélancolie des voyageurs infatigables. 
Sur le quai de Seine. L’attendant comme un amoureux, chevauchant au galop sur le sillet d’un ciel fougueux…Romantique de mes deux !
Ouais ouais, facile à dire.
T’as la côte lolo, tu veux que je te dise t'es beau avec tes chaussures bateau et ton regard innocent.
J'peux pas, j'peux pas.
J'ose pas !
Vas y, Imagine tu vas vibrer quand bientôt elle va onduler sur toi.
Mais si elle est accompagnée de son mari, Dimanche, j’ai l’air malin.

Mais non grand nigaud, t’as rien compris aux femmes.
Allez lolo,  Respire un bon coup! C'est parti.

jeudi 9 janvier 2025

mardi 7 janvier 2025

La cerise de Montmorency


J'ai toujours confondu la cerise de Montmorency avec le noyau de Poissy. Mais là ! De croire que cette griotte à l’eau de vie se dégustait toutes saisons jusqu'au bout des doigts.

D'une Gourmandise inachevée, je n'avais jamais connu le goût de l'après pluie.
parfois, je m'arrêtais au zinc du coin.
Même en hiver,  je peux retrouver mes esprits et boire lentement le grain de sa peau. Voilà ce que je fais en collant une tasse de café chaude sur la bouche.
ça me fait sourire.
Je n'avais pas pensé dans le philtre du paysage le silence comme un compte goutte délivrant un arôme de vie, 
De ces instants, je sentais l'écorce de son âme cerise.

vendredi 3 janvier 2025

Valentine


Parfois dénommée Valentine,  je l'imagine blottie en Val de Loire.

A cet endroit, mes rêves sont caillouteux, riches en argile à silex, ce qui lui confère un goût de terroir différent. Un goût distinctif pour chaque parcelle visitée. Voilà une jasnières normalement sèche avec un moelleux souvent subtil qui, à chaque dégustation me ravive.

D'ailleurs, je ne me suis pas trompé.

L'après midi, j'avais foulé, 

Une valentine de 67 foudroyée par Boppe en 1985 dans la forêt des Carnutes reste une curiosité à visiter.  Si d'aventure, mon imagination déborde, je sais que son bois de flottage issue des marine de guerre royale a su conserver des notes minérales de pierre à fusil et des arômes délicats qui restent malgré le poids des ans,
d'une fraîcheur exceptionnelle.

De ce paysage,
Cette couleur de robe foncée où les baies sans cesse caressées dans les méandres du Loir m'entraine à la première gorgée avec l'impression qu'un soleil des highland fond dans la bouche comme une neige sur une lande écossaise. 
Mélange de whisky et de bruyère.
Cette valentine, par sa complexité d'abord comme le Dalwinnie. A son nez épicé. A la manière de délivrer ses parfums intrigants, bataille avec mes sens. Pactise avec le silence.
Du soleil, je garde une note fruitée de coings et de souvenirs citronnés.


mercredi 25 décembre 2024

Jeudi 9





Bien sûr que je déteste l'autoroute, parfois la notion du temps donne un relief particulier pour comprendre certaines choses.

En  effet, depuis des semaines, je réfléchissais à ma destinée amoureuse.

la route était encore plus belle en hiver quand le soleil pâle de décembre transperce la cime des arbres. D'une nature, où les nuances en fin d'après midi, éclairent la conscience.

Indifféremment où l'imaginaire mélange providence avec attraction amoureuse.

Dans le grimoire de mes pensées, j'avais noté le jeudi 9, un seul par semestre, j'étais sûr et certain que ce serait le jour invisible mais il fallait abandonner cette chance divine réservée en ultime recours aux sorciers.

Au Cultura du coin, la veille, j'avais acheté une carte de France.
 Histoire de suivre le cours d'eau vibratoire pour colporter les intuitions. Et l'itinéraire du cœur, je l'avais étudié. 
Je quittais l'affluent pour le fleuve.
Après avoir traversé le pont de Blois, quelle veine ! Je retrouvais ma carte de téléphone glissée sous le siège passager. 

A 19h15  à ma montre, je me dirigeais en direction d'Amboise.

  Sur la berge de Montlouis, en plein crépuscule, je regardais le réveil de la dormeuse dans la seiche au vent.
J'avais tout prévu, le café thermos et cette fois ci je ne voyais pas simplement une femme se débarbouiller le visage, les mains en corolle telle la première fois mais le bonheur de retrouver celle que j'aimais.

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